Cheick Sako/Affaire Mohamed Diallo : Un signe évident de parti pris

En dépit de toutes ses sorties tendant à réfuter les accusations de partialité qui sont brandies contre lui dans le dossier de l’assassinat de notre confrère, Mohamed Koula Diallo, Me Cheick Sako, le ministre de la justice, peine à convaincre. En fait, de sa part, il y a des attitudes qui, plus que ses dénégations, parlent plus haut à l’opinion. Déjà, on lui en veut d’avoir hâtivement conclu à un assassinat. C’était en recevant les journalistes lors de la marche de protestation. Il avait promis que tout serait mis en œuvre pour retrouver les assassins. De la part du spécialiste du droit et de ses concepts précis, une telle conclusion parait déjà sujette à suspect. Il se trouve qu’à la faveur de la dernière sortie qu’il a eue sur la question, le 2 mars dernier, il n’a pas fait mieux.

Lors de la conférence de presse initialement dédiée au rapport de la commission ayant réfléchi sur les détentions préventives, Me Cheick Sako a manifesté un agacement vis-à-vis des critiques qui sont çà et là faites à la procédure en cours. Pour un ministre qui sait que de telles critiques sont consubstantielles à toutes les procédures judiciaires, c’est le signe d’une fébrilité qui ne dit pas son nom. Or, il s’est montré si mal à l’aise qu’il a frisé dans la vulgarité en traitant l’avocat sénégalais de l’UFDG de « guignol ». Dans la même logique, il a vertement critiqué Dr. Sekou Goureissy Condé (African Crisis Group) et Lamine Keïta (le fédéral UFDG de l’Allemagne). Tous deux sont coupables, aux yeux de Me Cheick Sako d’avoir émis des critiques sur la manière dont le dossier est géré par la justice.

Mais, aussi étonnant que cela soit, le même ministre s’est gardé de dire le moindre mot sur la sortie du colonel Gabriel Tamba Diawara, l’officier qui a pris en charge la phase de l’instruction. Alors qu’il revenait au procureur de répondre éventuellement aux critiques de quelque nature qu’elles soient. Cet officier avait osé convoquer une conférence de presse dans son bureau pour se défendre et défendre sa gestion du dossier. Et quand sa sortie a commencé à provoquer des réactions, il a subtilement fait dire à des médias de la place qu’il avait explicitement reçu l’autorisation du général Ibrahima Baldé, le Haut-commandant de la gendarmerie nationale. C’est à croire que c’est de ce dernier qu’il dépend, en tant qu’OPJ. Mais cet amalgame-là, le ministre Cheick Sako ne s’en offusque pas. Ce qui en dit suffisamment sur son attitude dans cette faire qui, on le sait depuis toujours, est plus que politisée.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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