Chienlit à la Cour constitutionnelle : soupçons avérés sur l’Exécutif

Avec la récente publication in extenso du très long communiqué de la Cour constitutionnelle par les médias d’Etat, on commence à mieux comprendre les agissements de ces cadres nuisibles tapis dans l’ombre. Ce communiqué signé des membres de la Cour est truffé d’accusations à l’encontre de KéléfaSall. Il fait aussi allusion aux prouesses dont fait montre le président Sall, le jour de la prestation de serment.

A la radio et à la télévision nationale tout est filtré. Mais si ce communiqué est diffusé en live, c’est que bien des choses se sont tissées pour éjecter le patron de la Cour constitutionnelle. Déjà, de gros soupçons pèsent sur Alpha Condé. Lui qui est encore hanté par un 3è mandat et donc doit faire taire tous ceux qui constituent un obstacle. Conscient de la démarche qui porte atteinte à la Constitution, dès demain mercredi, la cellule Balai citoyen appelle à une mobilisation générale devant la Cour Constitutionnelle pour s’opposer à cette grave atteinte à la démocratie guinéenne. Un appel qui a reçu un écho favorable dans certains états-majors politiques comme à l’UFDG, au BL. De son côté, le Parti de l’Espoir pour le Développement National – PE.D.N s’est fendu aussi un communiqué invitant « ses militantes et militants à prendre part au sit-in organisé, le mercredi 19 septembre 2018 à partir de 9 heures devant le siège de la cour constitutionnelle, à Kaloum au quartier Almamya. »

En tout état de cause, Me Mohamed Traoré, le bâtonnier de l’Ordre national des avocats est sans équivoque : « La cour constitutionnelle c’est l’institution qui est la gardienne de la Constitution. Si elle se fourvoie elle-même, je me demande où est-ce qu’on va aller, parce que les décisions de la Cour sont sans recours. Maintenant, il faut éviter que sur la base de cela, les membres de la cour s’arrogent un droit qu’ils n’ont pas.  Dans la présente affaire, on a essayé de faire une conclusion entre la révocation de M. KelefaSall en tant que membre de la Cour constitutionnelle et son limogeage en tant que président de l’institution en parlant d’empêchement. Ils parlent (les conseillers frondeurs ndlr) d’incapacité physique et mentale à exercer cette fonction. Est-ce nous sommes dans ce cas aujourd’hui ? Si nous nous rendons actuellement à la Cour constitutionnelle, on se rendra compte que M. KelefaSall est physiquement et mentalement présent dans son bureau. »

L’avocat dénonce au passage ce qu’il appelle « la manipulation juridique pour des intérêts égoïstes qui ne sont pas ceux des Guinéens. » Demain mercredi risque d’être palpitant. Avec ou sans gaz lacrymogènes que la bande à Bafoe pourrait bien propulser.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.