COCAN 2023 : La Guinée court-elle un risque de disqualification ? Un consultant sportif réagit !

Plus de 3 ans après l’attribution de la Coupe d’Afrique des Nations 2023 à la Guinée par la Confédération Africaine de Football (CAF), le niveau des préparatifs est presqu’au point-mort.

Pendant que l’instance dirigeante du football Africain accentue la pression sur le Cameroun qui doit abriter la CAN 2019 et n’exclut pas de retirer sa candidature au profit d’un autre pays, la Guinée traine encore dans les préparatifs.

Pour en savoir plus sur le niveau des préparatifs, où la Guinée doit se doter forcement des  infrastructures sportives dignes du nom, notre rédaction a tendu son micro à un consultant sportif.

Dans cet entretien exclusif qu’il a bien voulu nous accorder, Thierno Sadou Diakité, explique les risques que court la Guinée à 5 ans de la compétition, pour répondre au cahier de charge de la CAF, devenu très contraignant.

Lisez….

Kababachir.com: Dites nous en quelques mots, quel est le niveau des préparatifs de la COCAN 2023?

Thierno Sadou Diakité: Il est loisible de le constater, depuis l’attribution à notre pays de l’édition 2023 des phases finales de la CAN de football senior au moins de septembre 2014, les préparatifs de cette épreuve continentale ne se font pas à la grande satisfaction de l’opinion publique. Dans sa grande majorité les Guinéens sont de plus en plus sceptiques pour le maintien de cette candidature à notre pays. Presque quatre ans après l’attribution à notre pays de l’édition 2023, notre pays avance à petit pas vers cette échéance. Le COCAN et son  Comité de pilotage installés il y a un peu plus d’un an ne bénéficient pas encore de l’environnement susceptible de leur permettre de travailler à plein temps.

A quel niveau se trouve aujourd’hui  le blocage ?

Dans la foulée de votre première question, je disais que le COCAN et son Comité de pilotage ne bénéficiaient pas encore d’un environnement idéal de travail. Je m’explique, le COCAN a besoin d’un siège fonctionnel avec un budget de fonctionnement et d’équipement. Pour rappel, le COCAN mis en place par décret du chef de l’Etat est composé de treize commissions spécialisées, qui couvrent tous les secteurs d’activité. De ce fait, ces commissions doivent bénéficier d’un minimum de conditions pour travailler. Il s’agit entre autres de bureaux dotés de commodités.

Si l’on doit parler de blocage, c’est probablement à ce niveau, puisqu’ à date, l’immeuble Siguiri à la cité chemin de fer, affecté au COCAN grâce aux bons soins du chef de l’Etat, attend encore sa rénovation et sa réhabilitation.

Alors que la CAF émet des réserves sur le niveau des préparatifs du Cameroun pour la CAN 2019, quelles sont, selon vous, les chances de la Guinée d’abriter cette compétition?

Votre question est capitale dans la mesure où elle interpelle nos décideurs. Nous n’étions pas du tout obligés de postuler à l’organisation des phases finales de la CAN senior de football. Si nous bénéficions de la confiance du comité exécutif de la CAF, nous avons l’obligation d’honorer cette confiance. Par rapport à nos relations avec la CAF, cette année 2018 est déterminante pour nous. Si nous voulons être à l’abri  d’une éventuelle disqualification, situation à ne pas souhaiter, dans les mois à venir des actes forts sont à poser. En priorité, la rénovation de l’immeuble Siguiri pour enfin permettre aux commissions spécialisées de s’atteler à leur travail conformément aux orientations du Comité de pilotage.

Au-delà  des questions que vous m’avez posées, je souhaite vous donner mon point de vue personnel sur la problématique de notre candidature à la CAN 2023. Mon intime conviction  est que cette épreuve continentale représente la seule opportunité pour notre pays de doter Conakry et l’intérieur pays de nombreuses infrastructures. La satisfaction du cahier de charges de la CAF très contraignant au demeurant résoudra maints problèmes auxquels nous sommes confrontés à l’heure actuelle. Je profite donc de cette opportunité que vous m’offrez pour inviter nos décideurs à appréhender cette approche dynamique.

Bien plus qu’une manifestation sportive, la CAN a des retombées socio-économiques indéniables et bénéfiques pour le pays. On ne le répétera jamais assez, l’exemple Malien devrait nous inspirer à plus d’un titre. Pour avoir organisé la CAN 2002, Alpha Oumar Konaré a réalisé en quatre ans son plan de développement prévu sur six ans. En définitive, la CAN contribuera dans une très grande mesure à résorber le déficit d’infrastructures dont souffre le pays.

Merci M. Diakité

C’est à moi de vous remercier.

Entretien réalisé par Abdoul Wahab Barry, Kababachir.com

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