Conakry, capitale des caniveaux-poubelles !

La gestion des ordures solides et liquides est un problème entier en Guinée, mais surtout dans la capitale, Conakry. Des citoyens assainissent chez eux pour salir, remplir les caniveaux, canaux d’évacuation d’eaux usées.

Des citoyens jettent des sachets d’eau naturelle, même des couches pour les bébés et autres objets souvent utilisés par les femmes. Tout et n’importe quoi se retrouvent dans les caniveaux : tesson de bouteilles, verre, morceaux de fer, chaises ou fauteuils, fourneaux hors d’usage, etc. On y retrouve de toutes sortes. Le tout, dans une eau stagnante d’une autre époque, d’une autre odeur singulière. Conakry est bien la capitale des caniveaux-poubelles !

C’est le privilégié pour les filles-mères par circonstances pour jeter un nouveau-né, conçu sans consentement ou dont le père refuse la paternité. C’est donc dans ces odeurs piquantes, nids de moustiques et de tous autres insectes et reptiles aquatiques que bien des filles abandonnent leurs progénitures. Les cas font légion. Mais cela ne dissuade point. D’un côté, l’Etat cure les caniveaux sans jamais revenir reprendre les ordures ainsi exhumées donc qui finissent à leur place d’antan. De l’autre, les riverains en font des poubelles toutes faites, comme c’est le cas le long de l’autoroute, dans la Commune de Matoto.

Du rond-point jusqu’au KM36, même spectacle. Les deux allées. On y verse les ordures en pleine journée. On y jette le restant des fourneaux, charbons et braises. On y jette aussi des morceaux de tissus émanant des tailleurs, tapissiers, etc. On est témoin parfois d’accrochages entre riverains directs et riverains plus ou moins éloignés. Mais, la plus part du temps, tout finit par s’arranger, après que le mal a été commis.

Conakry, capitale des caniveaux-poubelles offre de fait, une image de ville sans autorités, de ville sans maîtres, de ville aux fumées âcres et suffocantes. Un mal être en somme qui est rentré dans les mœurs, dans les pratiques de tous les jours. On s’en fout ! Quitte à piquer toutes sortes de maladies : hydriques, respiratoire, pulmonaires,…

Jeanne Fofana, www.kabachir.com

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