Condé chez Xi Jinping : ravaler une répulsion mal-à-propos

Il ira la semaine prochaine en Chine, après avoir réglé une partie de son différend avec la coqueluche ouest-africaine (Dakar) de l’Empire du milieu. Alpha Condé, on se rappelle, dans ses digressions maladives avait exprimé toute sa répulsion à l’endroit de la Chine, lorsque, du 20 au 22 juillet Xi Jinping venait jusqu’aux portes de Conakry, sans jamais y entrer.

 « Nous avons appris que le président Xi Jinping viendrai en Afrique de l’ouest. Or la Guinée a été le premier pays d’Afrique du sud du Sahara à établir des relations avec la Chine. Et ça sera très difficilement incompréhensible pour le peuple de Guinée qu’il aille dans des pays qui, pendant plus de 20 ans 25 ans n’avaient des relations qu’avec Taiwan, et qu’il vient là sans venir en Guinée, ce qui serait vraiment inamicale et le peuple de Guinée ne comprendrait pas », se lâchait-il, alors qu’il chantait sous tous les toits que la Guinée est de retour sur la scène internationale, parce qu’il l’a vendue. Alpha Condé doit absolument ravaler cette répulsion mal-à-propos avant ce 1er septembre, date du voyage sur Beijing. Ce voyage intervient au moment même où des Chinois sont reçus par le nouveau ministre des Transports, à propos du Port.

« Il y’a environ trois mois, la construction du Port Autonome de Conakry (PAC) a été concédé, sans appel d’offres, à une société turque, alors que la compagnie chinoise China Harbour Engineering Company (CHEC) avait été la première à signer un accord pour l’extension du port.Le 25 octobre 2016, la CHEC et le gouvernement guinée avait signé un accord un contrat de 770 millions de dollars (700 millions d’euros) pour l’extension du même Port Autonome de Conakry (PAC). Ainsi, le groupe chinois devait construire trois nouveaux quais d’une longueur totale de 846m linéaires, une aire de stationnement d’une capacité de 600 camions, une pénétrante routière de 4km et un échangeur de 550m.Ces travaux devaient être financés par la EximBalnk, banque chinoise d’import-export. L’accord devait aussi comprendre l’aménagement de 41,6 hectares de terre-pleins. La CHEC avait terminé les études techniques, lorsqu’elle a été informée que le port a été concédé au Trucs. »

Pour couper court, le département des Transports apporte des éclaircissements : « Contrairement à ce que rapportent certains médias, le Contrat dit CHEC sur l’extension de la partie orientale du Port Autonome de Conakry n’est pas remis en cause par la Convention de Concession du Port Conventionnel conclu avec le groupe Albayrak. Le premier contrat vise la réalisation d’infrastructures et son démarrage est attendu incessamment, tandis que le second lui, vise la gestion du Port Conventionnel de Conakry. »

Ce que le ministère ne dit pas, c’est que Turcs et Chinois et plus tôt Français, etc., ont tous eu des marchés de gré à gré. Sans aucun appel d’offres, alors qu’il n y a aucune urgence, aucune contrainte pour que le Code des marchés publics soit autant piétiné. Il ne reste plus qu’à bailler Sékhoutouréya, comme le dit le PUP.

Jeanne Fofana

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