Condé dépoussière un vieux dossier : les ex-Premiers ministres et le patrimoine de l’Etat

« Les ministres et les Premiers ministres qui vendent les maisons de l’Etat, on a vu ça nulle part sauf en Guinée. Tout ça, on va demander au peuple de Guinée. J’en n’ai marre que les gens parlent alors qu’ils ont été dirigeants dans ce pays-là et on a vu ce qu’ils ont fait. Alors, il faut que la jeunesse sache la vérité sur qui est qui. »

Par cette sortie, Alpha Condé dépoussière un vieux dossier lié notamment au patrimoine de l’Etat dont semblent se servir encore certains opposants qui se trouvent être d’anciens Premiers ministres. On le sait, la récupération des bien de l’Etat a fait rage au pays, à telle enseigne que l’Agent judiciaire de l’Etat avait été mis à contribution. Mais, après la présidentielle, plus rien. C’était comme si, le pouvoir voulait faire taire certains opposants. Depuis 2010 en effet, Alpha Condé chante et rumine. L’Etat va récupérer le patrimoine qui est le sien. Le président-opposant se complaît uniquement que dans les dénonciations, malgré qu’il dispose de tous les leviers pour changer la donne. Une démarche à laquelle tous les Guinéens se sont accommodés.

En 2014, l’Agent judiciaire de l’Etat confirmait que les deux anciens Premiers ministres occupent ce qu’il a appelé des ‘’bâtiments dits cédés’’ par l’Etat. Dans le document rendu public, le premier porte l’estampille : PBP/CAM/DCI/002 : Diallo Cellou Dalein (ancien PM) à Dixinn centre et le second, PBP/CAM/CMI/0126 : Sidya Touré, à la Minière. Selon le porte-parole du gouvernement Albert Damantang Camara ‘’une évaluation en cours permet de prendre des décisions suivantes’’. Extrait du communiqué: Dans le cas du patrimoine public cédé à un tiers ou à soi-même par des personnes physiques et des fonctionnaires en service au sein de l’administration ou du Gouvernement en violation de la déontologie et de l’éthique, cet acte de cession doit être annulé. Les personnes concernées seront  remboursées des montants payés lors de la transaction. Dans le cas du patrimoine immobilier bradé à des personnes physiques et aux sociétés privées, les contrats de cession ou de bail devront être examinés à des fins d’examen ou réévaluation financière. Une commission ad hoc sera mise en place pour l’examen diligent des dossiers en cause et le Gouvernement veillera à la préservation du bien public, à la transparence du processus engagé et au respect absolu du droit. Des instructions précises seront  données à toutes les administrations concernées par la présente décision. »

Trois ans se sont écoulés depuis que le gouvernement a levé ce lièvre. Depuis, plus rien.

 

Jeanne FOFANA, Kababachir.com

 

 

 

 

 

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