Condé, un proche à la Francophonie: le souverainisme biaisé !

Dans un décret lu sur les ondes des médias de service public ce lundi 14 juin 2021, l’ancien ministre de la Communication, Rachid N’Diaye, ministre d’État conseiller spécial du président de la République, est nommé cumulativement avec ses fonctions actuelles, représentant personnel du chef de l’État au Conseil permanent de la Francophonie.

Selon un autre décret lu dans le même journal, madame Hadiatou Sow ambassadeur est nommée secrétaire générale de la commission nationale de la Francophonie. Ces deux actes du pouvoir central interviennent au moment même où Alpha Condé brandit son souverainisme malsain partout. Son panafricanisme partout. Et là, il renforce sa présence dans l’organisation dont Paris reste l’une des grosses chevilles ouvrières. 

Il faut rappeler que le président guinéen s’est fait remarquer lors de l’ouverture de la deuxième Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique, en mars 2017 : «Nous sommes encore trop attachés à la puissance coloniale. Il faut couper le cordon ombilical », a déclaré Alpha Condé, à Abidjan. Il a également fustigé la relation qu’entretiennent l’Union européenne et l’Union africaine, invitant les Africains à se faire « davantage confiance ». Des délégations venues d’Afrique (Tchad, Togo, Sénégal, Gabon, Afrique du Sud, Tanzanie), d’Asie (Chine, Indonésie, Malaisie, Vietnam) et d’Amérique du Sud (Brésil, Chili, Colombie) ont participé à cette conférence.

S’exprimant aussi à l’ouverture des travaux des 9es Assises de l’agriculture, le dirigeant guinéen a appelé à mettre fin à l’ingérence des pays européens dans les politiques africaines. « Les pays occidentaux ne doivent plus nous dicter ce qu’on doit faire », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « l’Afrique doit définir sa propre voie vers le développement ».

« Personne ne doit décider à sa place. L’Afrique doit définir sa voie vers le progrès et la démocratie », a-t-il soutenu, nuançant: « C’est vrai qu’il y a des principes universels régissant la démocratie, mais il est important de laisser les pays africains adapter ces principes à leurs conditions ».

Vu le tollé que sa sortie a suscité, Alpha Condé a tenté de temporiser : « Lorsque j’ai dit à Abidjan, lors d’un débat avec mes collègues notamment Alassane Ouattara et Macky Sall, de couper le cordon ombilical avec la France, ça veut dire quoi ?’’, s’est-il interrogé, précisant qu’il n’est nullement pas « contre la France. Mais on doit nous considérer comme des adultes. Quand on a un cordon ombilical, c’est qu’on est encore bébé. Ça veut tout simplement qu’on doit avoir un partenariat d’égal à égal. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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