Cour constitutionnelle : l’opposition traine les pas et Condé fonce

L’opposition ne peut désormais que constater les dégâts à la Cour constitutionnelle : KélèfaSall est éjecté puis remplacé par Mohamed Bangoura. En toute illégalité, comme le dénoncent d’ailleurs bien des constitutionnalistes de renom. Les opposants se sont longtemps limités aux discours de dénonciation, parfois fades.

Aucune action d’envergure qui puisse dissuader Alpha Condé et ses acolytes. Les leaders politiques comme toujours, constatent les dégâts et Alpha Condé, lui, passe par force.  Les frondeurs de la Cour sont donc rentrés dans les rangs, ils jubilent et narguent Kélèfa avant de le livrer à la vindicte. Pour eux, c’est une victoire, au même titre que les militants du parti au pouvoir. Par ricochet, ce sont tout aussi militants du RPG. La CENI est fragilisée, divisée et bien mal en point. La Cour constitutionnelle est en lambeaux avec des militants du RPG en poste. Plus rien ne reste pour davantage s’accrocher au pouvoir, modifier, forcer, foncer et frotter les impénitents. D’ailleurs, tous ont été invités au stade le 2 octobre pour jauger la puissance de frappe du régime. Aujourd’hui, faire sauter le verrou constitutionnel qui bloque le nombre de mandat du président de la République à deux est devenu facile comme un jeu d’enfants.

L’arrière-garde est préparée : Kassory et son clan dont Boureima Condé étouffent toutes velléités de manifestations syndicale, politique et/ou sociale. L’appareil répressif de l’Etat a été revu et équipé. Les Unités d’intervention sont pressées d’en faire usage. Avec beaucoup d’abus. Une première expérience a été faite avec Bafoe. Dansa Kourouma et les siens en savent quelque chose. C’est dire que le boulevard est ouvert. Surtout que tous les contre-pouvoirs montent des signes de faiblesse, de division et d’hypocrisie sans précédents.

Certains opposants menacent : il n’y aura pas de présidence à vie. Les concepteurs eux, de leur part, ne font même plus de bruit. Ils agissent en brandissant la matraque. Le chaos est bien proche. D’un côté comme de l’autre. Et à tout moment cela peut basculer.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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