Cour Constitutionnelle : « On est dans une situation de non droit », selon Salifou Sylla

La crise à la Cour Constitutionnelle inquiète à la fois les hommes de droits et l’opinion publique. Au lendemain de la confirmation de Mohamed Lamine Bangoura par décret présidentiel, l’inquiétude grandit chez bon nombre de guinéens.

Alors que la crise perdure et prend une nouvelle tournure, Salifou Sylla, ancien ministre de la Justice sous l’ère Lansana Conté et ancien facilitateur de la crise politique guinéenne est sans équivoque : « Le droit n’est plus appliqué dans ce pays, on est dans une situation de non droit. Et quand ça concerne une Institution comme la cour constitutionnelle, qui aurait dû être la garante de l’application de la constitution et des autres lois, on est absolument scandalisé. Nous allons de scandale en scandale, ce sont des institutions qui ne marchent pas qui sont dans ce pays, il n’y a que le président de la République qui est une institution, qui fait ce que bon lui semble dans ce pays, c’est ça la vérité », regrette le juriste qui s’exprimait jeudi dans l’émission « les GG », chez nos confrères d’Espace fm.

Pour l’ancien ministre de la Justice, « Cette cour constitutionnelle, ne mérite aucun crédit et ceux qui sont là, les meilleurs services qu’ils peuvent rendre à la Guinée pour leur honneur et pour la Guinée, c’est de quitter ce poste, c’est ça qui peut arriver de meilleur. Mais ils ne le feront pas, parce que les guinéens sont accrochés aux postes, aux avantages qu’ils en tirent c’est tout », a-t-il prévenu.

Selon le facilitateur de la crise guinéenne, « …La loi est remplacée, les structures sont remplacées, la constitution ne fonctionne pas, on met des structures parallèles en place comme le comité de suivi qui est entrain de diriger la Guinée. Quand les gens acceptent ça, opposition comme mouvance, consensus et autre là, vous avez vu un Etat qui est dirigé par consensus ? Nous avons accepté que l’Etat soit anéanti dans ce pays, alors ne soyons pas surpris de voir tout ce qui est en train de se passer », a-t-il alerté.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

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