Crimes en Guinée : la trilogie d’Alpha !

Le déni, la maladresse et l’incohérence. La trilogie d’Alpha continue de faire des vagues et d’agacer tous ceux qui sont portés sur les libertés individuelles et collectives en Guinée. En évoquant les crimes commis en Guinée sous son magister notamment, Alpha Condé commence par faire du déni, mais très vite il s’est noyé dans le mensonge avant de peiner dans une incohérence sans commune mesure.

Pour Alpha Condé, «La réconciliation entre Guinéens est difficile parce que ceux qui sont victimes sont, à la fois, victimes et bourreaux. Les gens ont été emprisonnés, torturés au Camp Boiro. Ceux qui ont torturé les gens au Camp Boiro ont été torturés en 1985. Les victimes ont été devenues bourreaux en 1985. » Maladresse au premier degré. Mais ceux qui ont été victimes ou dont les parents ont payé les frais des affres du despotisme se verront attaqués dans leurs âmes et leur chair, car, ce ne sont pas eux tous qui ont torturé.

Deuxième incohérence : Alpha Condé premier président élu démocratiquement – pour parler comme les autres – donc, qui devrait procéder à la rupture, en cultivant la justice, réconcilier les Guinéens et restaurer l’autorité de l’Etat a choisi de tirer la couverture sur lui : «Je n’étais pas au pouvoir pour le 28 septembre, j’étais opposant. Donc, je ne suis responsable d’aucun crime, ni de Camp Boiro, ni du 28 septembre. » Une autre drôle d’incohérence. Très patente. Très gênante. Sauf qu’en même temps, « j’assume l’Histoire de la Guinée dans sa totalité, dans ses aspects positifs et négatifs. »En tout cas c’est lui qui a déclaré qu’il prend la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée. Autant assumer au lieu de dire qu’il n’était pas là au moment des faits, oubliant qu’une charge d’une centaine de personnes pour l’essentiel des opposants pèse sur lui. Aucune juridiction n’a statué sur leur cas. Et pourtant, ces jeunes morts par balle souvent dans leur ménage sont partis suite à l’injonction de l’Exécutif. C’est connu.

Alpha Condé n’est pas pressé : « La justice est indépendante. Même en France, il y a de choses qui n’ont pas été jugées depuis longtemps. En tant qu’Exécutif, j’ai donné les moyens à la justice pour mener les enquêtes. C’est la justice qui sait quand il y aura procès. On n’acceptera aucune pression, ni rien, on laissera la justice travailler tranquillement, c’est très clair. »

Ce qui est davantage révoltant, c’est le comportement mou qu’affichent Dalein, Sydia et les autres leaders politiques. Leur mutisme ou mollesse  contribue, à s’y méprendre, à ralentir voire compromettre la manifestation de la vérité sur l’échelle des responsabilités de ces atrocités d’un genre inédit dans toute l’histoire pourtant ô combien répressive du fonctionnement de l’Etat guinéen.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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