Crise au projet coton de Kankan : crie d’alerte des travailleurs !

Depuis un certain temps on constate que rien ne va plus pour le mieux au sein de la filière cotonnière. Le chef du projet coton et son adjoint, ont été forcé au départ suite aux accusations du collectif des travailleurs, qui les reprochent d’une mauvaise gestion et d’être à l’origine de la crise qui sévit actuellement dans l’usine de traitement de la fibre situé au quartier Kankan-Koura dans la commune urbaine de Kankan. Dès lors, ils n’ont pas encore été remplacés par les autorités de tutelle. Conséquence, aujourd’hui, les activités de l’usine, tournent au ralenti.  Ce samedi 19 janvier 2019, le secrétaire général de la section syndicale des travailleurs de l’usine a lancé un SOS.

Selon Kaba Camara, secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’usine cotonnière de Kankan, la crise qui secoue actuellement la filière toute entière est relative à un non-respect du calendrier agricole.

« L’affaire du projet coton est devenu un sujet tabou et obscure. Le calendrier agricole n’est pas respecté sur le plan financier. Les paysans ont cultivé plus de 8 milles tonnes. Les stocks sont entassés dans les champs on devrait les écouler depuis le mois de novembre dernier. Mais jusqu’à aujourd’hui rien n’est drainé vers l’usine à Kankan. C’est le déclin pour nous les travailleurs. Car c’est le travail qui est payé. Si le travail ne marche pas les salaires vont être coupés. Les paysans ne vont plus cultiver car ils en tirent pas intérêts à temps ». A-t-il alerté.   

La conséquence principale de cette crise qui sévit, à en croire les propos du camarade Kaba Camara, est la baisse des taux de production au fil des années et des régimes politiques qui se sont succèdés.

« Quand je suis arrivé au projet coton en 1991, c’était la CNTT, compagnie française pour le développement de la fibre textile. La production en ce moment allait jusqu’à 40.000 tonnes. Mais en 2000 sous le régime de feu Lansana Conté, il y a eu un changement, la création de la CGC, compagnie guinéenne de coton. La compagnie française payait 51 %  du financement et les 49 autres étaient payés par l’Etat guinéen. C’est en ce moment que la production a commencé à baisser. Les conditions ont commencé à manquer. Pendant que les autres pays comme le Mali ou le Burkina font les 700 à 800 milles tonnes,  la Guinée ne fait que 10.000 ou 11.000. Aujourd’hui,  n est à 8.000 tonnes. Donc la production ne monte pas ». A-t-il exposé.

Accusé de mauvaise gestion notamment de gabegie financière, Bakary Kaba, chef de projet adjoint est dénoncé par les travailleurs, comme étant le principal responsable de la mauvaise situation que traverse la firme cotonnière de Kankan. Même s’il a publiquement démissionné, il  continuerait à assumer la gestion à distance de l’usine.

« Après toutes les dénonciations, le chef de projet adjoint, a compris qu’il est la base des blocages. Alors, il a décidé de démissionné.  Cela fait quatre mois maintenant qu’il n’est pas inquiété, mieux, le ministère de tutelle (agriculture) continue de traiter les documents administratifs avec lui. Il n’a pas été remplacé, par un interlocuteur digne de nom, comme nous le souhaitions. Donc cette direction qui a toujours mal gérée le projet coton est toujours aux affaires de façon éloignée ». A-t-il dénoncé.   

Toutefois, à en croire toujours le secrétaire général des travailleurs de l’usine, il n’est pas encore tard pour rehausser la production de l’or blanc à Kankan et sauver  la filière cotonnière.

« Les producteur ont promis que si leurs productions s’écoulent vite et que les revenus sont payés à temps, sans aucun retard, il pourront cette année exploiter plus de 20.000 ha, pour une production d’au moins 15.000 tonnes de coton ». A-t-il rassuré.  

Enfin, il faut noter que le secrétaire général du syndicat des travailleurs a aussi alerté tous  les medias de la place, à aller s’en quérir à partir de ce lundi 21 janvier 2019, des réalités témoignant d’une gestion catastrophique de cet usine , qui aurait déjà  perdu sous l’effet des intempéries, une bonne partie de son stock de production. Les pertes sont évaluées à des milliards de francs guinéens. Nous y reviendrons !

CHEICK-SEKOU BERTHE, CORRESPONDANT www.kababachir.com à Kankan. 

 

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