Crise économique en Guinée : ‘’ Tous les indicateurs sont au rouge’’, révèle Cellou Dalein

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le Chef de file de l’opposition guinéenne a fait des révélations sur la situation économique et financière du pays en ce début du second mandat du président Alpha Condé.

Devant la crise socioéconomique que traverse le pays, Cellou Dalein Diallo dénonce une gestion ‘’opaque’’ de la gouvernance Alpha.

« La crise sociale et économique est très sérieuse. La pauvreté a augmenté, le chômage aussi. L’endettement de l’État auprès des banques s’est accru de 1 860 milliards [de francs guinéens, soit environ 220 millions d’euros]… Aujourd’hui, le gouvernement veut faire payer cette facture à la population en augmentant la TVA et en l’étendant aux biens de première nécessité. Il a aussi refusé d’appliquer le principe de la flexibilité du prix du carburant. », a révélé le Chef de file de l’opposition guinéenne.

Selon le leader de l’UFDG, «Tous les indicateurs sont au rouge. En 2014 et en 2015, l’État a conclu des contrats de gré à gré pour près de 800 millions de dollars [713 millions d’euros], alors que ces dépenses n’étaient pas inscrites dans le budget. Naturellement, cela s’est traduit par une hémorragie dans les réserves de change, une augmentation de la masse monétaire et une forte dépréciation de notre monnaie nationale. », regrette le finaliste de la dernière présidentielle.

Et le pire, ajoute Cellou Dalein Diallo : « Le FMI et la Banque mondiale ont exigé que l’État rembourse chaque mois à la Banque centrale l’équivalent de 170 milliards de francs guinéens. Pour y parvenir, il faut augmenter les recettes et contenir les dépenses. Et c’est la population qui va devoir payer, mais elle dit non.

Si encore cette situation était liée à la conjoncture ou à des facteurs externes… Mais tout cela est le résultat d’une mauvaise gouvernance. Celle d’Alpha Condé, qui a financé sa mascarade électorale en faisant marcher la planche à billets. ».

L’opposition a appelé jeudi ses militants à observer une journée ‘’ville morte’’ contre la cherté de la vie et pour contraindre le pouvoir à baisser le prix des produits pétroliers. Un appel qui a été peu suivi, même si les opposants se sont félicités de la paralysie des activités économiques à cause du mot d’ordre de ‘’journée ville morte’’.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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