Crise politique et sécuritaire : Députés, montrez-vous enfin !

Par où sont passés nos députés, pendant que le pays est menacés, dangereusement menacé par une implosion qui ne dit pas son nom : la crise politique et sécuritaire. Les parlementaires sont introuvables. Des citoyens sont zigouillés comme des fauves, sans aucune autre forme de procès. De hauts responsables de l’administration publique sont la cible d’inconnus armés et habillés en uniforme militaires ou cachés derrière d’autres attirails.

Le Parlement n’y fait rien. Même pas une session extraordinaire pour se pencher sur une loi devant au moins réduire la criminalité dans la cité. Surtout que plus personne n’est épargné par la recrudescence. Les députés restent aphones et chacun se trouve une garde rapprochée et le reste, on s’en fou. Au sein du Parlement, on « s’occupe que de primes, d’honoraires, de voitures de fonction, de budgets scandaleux, d’attributions de fonds, etc. le tout dans une sainte pagaille, à l’image du reste de la République. Dans cette enceinte, jamais les réels sujets de l’heure n’auront été débattus – outre cette affaire d’Ebola, initiée par Sydia Touré – pour penser un peu aux citoyens. »

La sécurité des citoyens et de leurs biens n’est l’affaire de personne. Mais dès qu’il est question de vote, des leaders politiques viennent affluent de partout pour soûler le bétail électoral. Députés, montrez-vous enfin ! Faites du bruit, pour rappeler à l’Etat que vous existez non pas à cause de lui, mais à cause des citoyens. Sydia Touré veut prendre les devants, si ce n’est une simple annonce copiée d’Alpha

Condé : « Dès l’ouverture de la cession des lois, je ferai en sorte qu’il y ait une résolution sur les questions de sécurité en Guinée ». Ce qui est évident, Députés, vous devez montrer vos dents pour tenter de sauver vos mandants. On n’a compris que la crise politique ne trouvera jamais de solution au Parlement, mais de grâce, la sécurité des citoyens doit être garantie.

Crise politique : le Parlement, curieusement aphone !

La crise politique perdure et se corse. Les opposants et le pouvoir en place ne parviennent point à s’accorder sur l’essentiel. Sans battre le pavé. C’est souvent à l’issue d’âpres marches souvent réprimées dans le sang que le pouvoir cède. Curieusement, le Parlement reste aphone. Pourtant, il n y a nulle part où soumettre des propositions de lois si ce n’est dans ce temple des députés.

L’opposition républicaine a compris à ses dépens que ce Parlement-là ne saurait trouver la solution à la crise. Cette Ceni qui divise est régit par des lois. Or ces lois ne semblent point refléter les réalités du moment. De l’avis d’Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition républicaine, « On a voulu passer par le parlement parce que cette loi est une loi organique qu’il faudrait voter au niveau de l’assemblée. Nous avons demandé à ce qu’une session extraordinaire du parlement, depuis le mois d’août, la session a été refusée. Cette session devrait se consacrer exclusivement à la loi sur la CENI, au code électoral et au règlement intérieur de l’assemblée nationale qui est aujourd’hui vieux de vingt-quatre ans depuis qu’elle a été adoptée. Nous n’avons pas obtenu cette session extraordinaire. »

L’opposition ne s’est pas limité en si bon chemin. Elle a en effet demandé lors de la session de la session budgétaire que celle-ci soit rallongée de quelques jours pour que des questions cruciales qui minent le climat politique soient discutées à l’Assemblée, parce que la loi permet d’avoir une session de quatre-vingt-dix jours au lieu des soixante jours qui avaient été consacrés à la session budgétaire. Mais, regrette Aboubacar Sylla, « on s’est heurtés à un fait de non-recevoir de la part de la mouvance présidentielle. Ils veulent que le statu quo soit conservé. Car ce statu quo leur permet de poser des actes qui vont aller vers une fraude généralisée pour leur permettre d’avoir de façon indue une majorité aux élections communales et à l’élection présidentielle à venir. » Ce Parlement-là est aussi est favorable à l’escalade de la violence. Du moins, c’est ce qu’elle laisse voir.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

  1. […] Crise politique et sécuritaire : Députés, montrez-vous enfin ! […]

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.