Damaro-Kassory : faut-il craindre de liaisons dangereuses ?

L’un est animé de grosses ambitions politiques, allant jusqu’à la vice-présidence d’autre fois. Mais, il est freiné par Alpha Condé, affaibli aujourd’hui par endroits, aspiré littéralement par un clan au sein même du gouvernement, clan appuyé sournoisement par certains caciques du RPG qui sont loin de dire leur dernier mot. L’autre a pris tout le monde de court, avec un raccourci politique sans failles, parfois soufflant sur les braises politico tribales pour assouvir enfin ses ambitions en se positionnant en dauphin constitutionnel. Damaro et Kassory s’estiment.

Ils constituent aux yeux de certains comme une forte menace pour la forteresse RPG sérieusement entamée. Damaro Camara a choisi le moment et le lieu pour magnifier son ami, le poter au pinacle. « Pendant les débats et pendant les deux pauses, j’ai reçu beaucoup de messages et même dans la salle : “Damaro, dit à notre nom, que le Premier ministre est comptent’’. Et beaucoup l’ont écrit dans les messages. Je voudrais le dire, monsieur le Premier ministre, au nom de la représentation nationale, vous êtes compétent (…) C’est pour vous dire que votre rôle est d’une importance constitutionnelle importante. Ces réformes ont été de nature à renforcer votre rôle. C’est pourquoi, chaque fois je demande aux uns et aux autres d’arrêter de vous amuser. Vous avez été choisi pour être sérieux, pour être sérieux au travail », a encensé le président du Parlement monocolore du RPG.

En tout cas, Damaro et Don Kass se connaissent parfaitement bien et ils se sont retrouvés au Pays de l’Oncle Sam. En 2009, Kassory rentre à Conakry et crée le parti Guinée pour tous (GPT) et Damaro assurait la vice-présidence. En 2010, il se présente à la première élection démocratique du pays et n’obtient que 0,66 % des suffrages. Jusqu’en 2014, il sera l’un des opposants au président Alpha Condé. Avant de devenir allié. Et en mai 2018, il dissout la GPT et rejoint le RPG-Arc-en-Ciel, la formation présidentielle. Quelques jours plus tard, il devient Premier ministre.

Et depuis, il s’est mué en bras armé du régime. Celui qui opprime, celui qui assassine, celui qui kidnappe, celui qui nie les dérives, celui qui nargue. Mais aussi celui qui souffre actuellement dans son amour propre, après avoir servi un despote dont l’unique ambition est de mettre en déroute ses opposants. Les priorités de développement attendront…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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