Délinquance économique: Chérif Bah,le pied dans le plat

« Nous demandons l’équité alors, au moins l’équité, qu’on audite au moins certains dossiers que tout le monde connait aujourd’hui dans ce pays. Qu’on prenne de 2011 à maintenant. »

Cette demande a été faite par Chérif Bah, ancien patron de la BCRG. Cela, au regard des grandes dérives économiques observées ces dernières années, sous le magistère d’Alpha Condé. C’est d’autant plus jouable que Chérif Bah est« sûr qu’il y a ce service d’audits à la Présidence. Il y a le secrétariat général d’Etat et surtout le secrétaire général des finances qui est habilité à faire ce genre de travail. Nous voulons qu’ils se mettent à l’œuvre pour travailler sur plusieurs dossiers dont : je vais indiquer certains, 700 millions de dollars de Rio Tinto, vous vous rappelez bien l’accord transactionnel de Rio Tinto signé à l’époque.»

Et de mettre le pied dans le plat : « Il disait à l’époque que : Rio Tinto voulait avoir la paix, travailler sur le projet Nimba dans lequel, il allait financer 20 milliards de dollars, 800 Km de chemin de fer et 40 mille emplois directs. Il voulait avoir la paix pour faire ce travail. Qui sait comment ce régime s’est arrangé à perdre cette opportunité. Je vous rappelle à l’époque, Dr  Ousmane Kaba, économiste, a fait une sortie pour dire vraiment que cet accord transactionnel est bon, il ouvre la voie. Aujourd’hui, tout ceci est dans l’eau, ils sont partis. Rio Tinto est parti. »

Chérif Bah révèle : « J’ai connu 5 ministres de mines avec lesquels j’ai travaillé. Qu’est-ce qui se passe au côté de SMB. C’est une taxation qui n’est pas acceptable pour nous Guinéens. Pendant que la CBG paye 10 dollars par tonne de taxe minière, SMB paye 2 dollars 50, (2,50 us). Un simple calcul de collégien. De 2016 à 2017, à la fin de cette année-là, ça fera au moins 300 millions de dollars de manque à gagner pour l’Etat guinéen, pour nous guinéens. Donc, c’est un calcul des collégiens. Pourquoi la CBG paye plus, eux ils pays ce montant-là dans la même zone ? Le même minerai, la même proximité! D’autant plus que la CBG d’ailleurs a investi dans un grand pont, dans des cités, dans des hôpitaux, dans des chemins de fer. »

Quand il parle donc d’audit au niveau des bandits à col blanc, déjà connus, Chérif Bah sait de quoi il parle. Mais, sera-t-il entendu ? Certainement quand les poules auront des dents.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

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