Démission de Sydia: le temps des intrigues malsaines

Tardive et intrigante mais désormais effective. La démission du président de l’UFR, ce mardi 11 décembre, de son poste de Haut représentant du chef de l’Etat, pour des motifs déjà évoqués par l’intéressé donne place à une nuée d’intrigues malsaines.

L’une des raisons de cette démission restent selon Sydia Touré : « Les manœuvres et les attitudes anti-démocratiques auxquelles, il nous a été donné d’assister, lors des dernières élections communales, ont rendu, malheureusement, la situation sociopolitique encore plus préoccupante. Tirant les conséquences de cet état de fait, j’ai décidé de démissionner de mon poste de haut représentant, par souci de cohérence avec les valeurs de dialogue et de tolérance auxquelles je crois profondément et par respect pour mes compatriotes qui désespèrent de voir le pays s’enfoncer dans la crise. » Derrière ces raisons invoquées se cachent certainement d’autres ambitions inavouées, à part le fait que l’UFR veuille conduire seule sa liste pour les prochaines législatives. En effet, le contexte politique actuel va bientôt se décanter. Le RPG et sa ribambelle de petits partis qui tournoient autour vont se toiletter et provoquer une nouvelle configuration politique à l’approche des législatives. L’UFR et le RPG ont déjà tiré les leçons de la dernière joute qui a failli défavoriser le parti présidentiel.

Les communales, les dernières dont l’installation des exécutifs communaux traine encore depuis près d’un an ont aussi prouvé que le RPG ne se porte plus bien au même titre que la troisième force politique que mène Sydia Touré. Seul sur le plancher, Dalein Diallo, hoquetant et manquant réellement de stratégies de contrepouvoir. Aujourd’hui, Sydia se libère d’Alpha Condé. Sur le papier. Certains applaudissent. D’autres préfère un optimisme mesuré. Les deux leaders se connaissent parfaitement. Rien n’est jamais perdu entre eux. Seul opposant de poigne ou pris comme tel, reste Dalein Diallo face à la machine Alpha Condé où rien ne la fait fonctionner sauf des jeux politiciens et de la compromission pour mieux écraser les adversaires déclarés.

Dalein qui voulait d’un allié de taille pour barrer la route à Condé n’a pas encore trouvé quelqu’un. L’UFR peut juste être un adversaire pour les prochaines joutes. Il n y a donc pas à pavoiser si Sydia a démissionné ou pas. L’homme lui aussi mise plus haut : Sékhoutouréya. Quitte à se faire une certaine virginité après avoir quitté l’OR pour la mouvance, puis le retour dans le giron des opposants. Certes, des militants de l’UFR ont été malmenés par ceux du RPG, dans certaines circonscriptions afin de piloter les Communes, selon des accords politiques signés, mais, cette situation ne justifie nullement un éloignement tacite de Sydia. Alpha Condé pourrait bien booster son désormais Haut représentant afin de barrer la route à Dalein, l’autre Haut partenaire du CFO.

Finalement, c’est un jeu malsain qu’on sert aux Guinéens. C’est pourquoi on est pressé de voir les exécutifs communaux de Matoto installés, pour se faire une conviction sur les nouveaux choix du démissionnaire. A Matoto, c’est lui le faiseur de roi, c’est lui qui a des accords avec le RPG. L’UFDG, quant à elle, à défaut de laisser passer le RPG, préférerait accompagner l’UFR, estiment certains. De toute évidence, les prochains jours seront palpitants.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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