Démographie en Afrique : à Ouaga, Macron plus prudent, nuance !

Un discours au ton professoral à la Obama, mais somme toute millimétré. Emmanuel Macron semble avoir réussi son grand oral.

Pour le cas spécifique de la démographie en Afrique, contrairement à la polémique juillet, à l’occasion du G20, Emmanuel Macrona, à Ouaga, la capitale burkinabè nuancé en déclarant : «Quand vous voyez des familles de 6, 7, 8 enfants par femme, êtes-vous sûrs que cela soit le choix de la jeune fille ? Je veux qu’en Afrique, partout, une jeune fille puisse avoir le choix. (…) C’est une conviction profonde qui m’a poussé à faire de l’égalité femme-homme une grande cause de mon mandat. La démographie peut être une chance mais à condition que chaque femme puisse choisir son destin. »

Ce discours-là tranche dans le vif avec celui tenu, d’il y a 5 mois : « Le défi de l’Afrique, il est totalement différent. Il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel aujourd’hui. Quels sont les problèmes en Afrique ? Les États faillirent, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l’ai rappelé ce matin, l’un des défis essentiels de l’Afrique. Quand des pays ont encore aujourd’hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien».

Le président Condé, en sa qualité de président de l’UA, avait déjà anticipé et répondu à cette vision «macronienne». Extrait : «Quand vous parlez de démographie galopante, c’est du Malthusianisme, c’est contre l’Afrique. Aujourd’hui, les autres continents nous envient notre démographie, parce que ce sont des peuples vieillissants. Notre jeunesse est notre avantage. » Quant à lui, le Premier ministre nigérien BrigiRafinidont le pays est visé par la sortie-polémique de Macron avait déclaré : « La démographie au Niger constitue une vraie préoccupation, et j’ai trouvé des éléments justifiés dans ce qu’il a dénoncé. Mais nous sommes là dans un domaine où l’on peut faire des annonces qui peuvent… Disons que c’est un domaine assez particulier pour nous. Nous préférons l’aborder dans le contexte qui est le nôtre. Parce que je pense qu’il est difficile que, de loin, on puisse savoir exactement comment les choses vont évoluer. Nous avons, ici, nous-mêmes pris conscience de cette préoccupation et nous sommes en train de lui chercher des solutions localement. »

Avant d’ajouter : « Je pense que nous avons une perception différente, peut-être, de ce point de vue. C’est vrai que nous avons un travail important d’information et de sensibilisation – que nous sommes en train de mener -, mais de là à le qualifier de « problème civilisationnel », je pense que c’est un peu trop fort quand même. »Macron l’a bien compris et l’a fait savoir à Ouaga, devant une foule de jeunes étudiantes, applaudissant à tout rompre.

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.