Démolition du cimetière deBambeto, pièces à conviction d’un régime assassin

Le régime jure désormais d’effacer une bonne partie des pièces à convictions l’inculpant d’assassinats ciblés perpétrés contre l’Axe et allant, à s’y méprendre, de la période d’avril 2011 à octobre 2020!

Par décision, N°0262/MVAT/CAB/2021 en date du 08 avril 2021, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Ibrahima Kourouma interdit l’inhumation des corps dans les cimetières de (Bambeto et Kaporo rails) à partir du 10 mai 2021. Si la décision donne un mois aux uns et aux autres de prendre des dispositions, sans trop savoir comment, elle est en revanche mal perçue par les familles des victimes ainsi que l’opposition en général et l’UFDG en particulier.

En effet, selon l’acte administratif du ministre, la démarche vise à permettre la poursuite des travaux du Centre directionnel de Koloma, qui ont démarré au mois de janvier dernier et dont la mise en œuvre se fait dans le cadre d’une convention de partenariat public-privé entre l’Etat guinéen et la société d’aménagement IMAAG Holding. La démolition du cimetière de Bambeto notamment est aujourd’hui synonyme, à bien des égards, d’anéantissement de toutes les pièces à conviction d’un régime assassin.

En cause : dans ce cimetière reposent des militants de l’UFDG, d’innocentes victimes arrachées à l’affection de leur famille avant, pendant et après des manifestations politiques toujours sauvagement réprimées dans le sang et sans le moindre recours auprès des juridictions compétentes affidées d’ailleurs au régime. Au total : 400 victimes du régime d’Alpha Condé y sont enterrés. De réelles pièces à conviction risquent aujourd’hui d’être effacées, au moment même où toutes les structures de défense de droits de l’homme ont les yeux rivés sur Conakry.

Selon Sadio Barry, un leader politique, « Les cimetières sont des lieux de recueillement où sont attachées de vives émotions. Profaner un cimetière communautaire (c’est-à-dire où repose majoritairement des membres d’une communauté), équivaut à un acte de guerre envers cette communauté. Dans tous les cas, on ne profanerait pas le cimetière d’une communauté qu’on respecte. On peut fermer un cimetière en en proposant un autre nouveau, sans profaner l’ancien, surtout si ce dernier revêt un caractère symbolique. Ce que le cimetière de Bambeto, appelé aujourd’hui « Cimetière des martyrs », est pour toute la Guinée. » Ce même opposant rappelle qu’en vertu de l’article 98 du code foncier et domanial de l’Etat guinéen, les cimetières font partie des domaines publics de l’Etat. L’Etat ne peut pas en disposer ni à titre onéreux (vendre) ni à titre gratuit.

Ce régime n’a pas hésité de tirer sur les corbillards, à Bambeto alors que des manifestants tentaient d’enterrer des victimes de balles réelles de la part des forces de défense et de sécurité dépêchées par Alpha Condé. Ce régime a lancé des gaz lacrymogènes dans des cimetières, notamment celui de Bambeto, dans des mosquées, notamment celle du même lieu. Aujourd’hui, il s’attaque aux pièces à conviction. Seulement voilà, « Aux sociétés qui se hasarderont donc à se rendre complices d’un tel acte criminel de profanation de nos cimetières, vous devez savoir ceci : nous Guinéens attachés au respect des lois et opposés au régime illégal et tyrannique actuel d’Alpha Condé, le prendrons comme un acte de guerre. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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