El hadj Saikou Yaya et El hadj Sekouna devant la justice, à quand pour l’imam de Kindia ?

Interpellé mardi par un député de l’opposition à l’hémicycle, sur les dérapages des certains sages des coordinations régionales à travers des discours communautaires, le ministre de la Justice Garde et Sceaux qui devait défendre le budget de son département, annonce des nouvelles mesures.

Me Checik Sacko dit avoir pris l’initiative de convoquer dans les meilleurs délais El hadj Sékouna Soumah, le Kountigui de la Basse Guinée et El hadj Saikou Yaya Barry, de la Coordination Foulbhé et Haali Poular.

« Ce matin, en conseil interministériel, j’ai échangé avec le Premier ministre sur le cas du Kountigui, nous sommes en train de vérifier les propos, j’ai demandé à ce qu’il soit convoqué. Il en est de même pour Elhadj Saïkou Yaya Barry de la coordination Haali Poular qui a tenu des propos incendiaires. Il faut qu’il soit convoqué aussi parce que personne n’est au-dessus de la loi », a annoncé le Garde et Sceaux guinéen.

Alors que les discours à caractère communautaire deviennent de plus en plus persistants, l’on se demande si la convocation de Me Cheick Sako, qui a d’ailleurs fait une annonce tardive, se limitera seulement à ces deux sages. On se souvient, avant leur sorties, l’imam de Kindia, El hadj Mamoudou Camara avait déjà donné le ton, en déclarant au cours d’une réunion ‘’qu’il faut un soussou pour être Maire de Kindia’’.

Extraits de son discours : « La ville de Kindia renferme aujourd’hui toutes les ethnies, mais il ne faut pas oublier que c’est l’ethnie soussou qui a fondé cette ville. D’où l’appellation la ville de Manga Kindy Camara. Nous voulons un maire qui est originaire de Kindia, celui qui aura pitié de la population, celui qui pourra résoudre les problèmes de la population de Kindia et instaurer la paix. C’est pourquoi, j’ai invité tout le monde au siège de Kania Langni ce jeudi pour leur dire d’être unis, car le développement de Kindia ne se fera pas en l’absence de ses fils », avait  déclaré l’imam de la grande mosquée de Tafory en Août 2018.

De son côté, El hadj Saikou Yaya Barry, de la Coordination Haali Poular a dans une déclaration  rendue publique au lendemain de l’installation des PA sur le long de la route Le Prince, invité sa communauté à la résistance.

 Extraits de sa déclaration

 « Les actes d’exclusion, de répression contre la Communauté Haali Poular, n’ont cessé de croître sans fondement. Il faut rappeler que la Communauté Haali Poular a toujours été et restera en parfaite harmonie avec toutes les autres composantes socioculturelles de la Guinée. C’est le système actuel exclusivement mis en place par Mr Alpha CONDE dans sa politique ethno stratégique qui est en train de détruire la cohésion nationale. Il échouera lamentablement et la GUINEE restera une et indivisible », lit-on dans une déclaration.

Par ailleurs, Coordination Haali Poular  regrette de constater que la commune de Ratoma, majoritairement habitée par des Peulhs, soit des « cibles privilégiées des troupes à visages découverts. Ces troupes sont celles de la mort. Celles-ci blessent, saccagent, sèment la terreur et la désolation au nom du régime. En plein jour, des hommes en tenues militaires ou de police, tenant des fusils de guerre n’hésitent pas à rentrer dans les concessions, renverser des marmites, violer des femmes et des filles. On nous dit toujours que ces troupes ne sont pas de l’armée guinéenne ou que les forces officielles de l’ordre et de sécurité ne sont pas armées. Où sont alors ceux qui ont le devoir de défendre les citoyens sans discrimination ? Chers compatriotes n’avons-nous pas le droit d’être protégés comme tout autre guinéen conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution ? », s’interroge cette Coordination. Avant de préciser : « Nous n’avons pas peur en posant ces questions car nous n’avons peur que de Dieu. », avait déclaré  El hadj Saikou Yaya Barry.

Pour ce qui est du Kountigui de la Basse Guinée, El hadj Sekouna Soumah, il a déclaré au cours d’une réunion à Toumania dans la préfecture de Dubréka, à laquelle il a convoqué, qu’en Guinée « les Soussous sont des démocrates. ». Il les (Soussous) invite à ne pas vendre leurs terres aux « étrangers » faisant allusion aux communautés des autres régions de la Guinée.

Mais ce qu’il faut déplorer dans cette réunion à caractère communautaire, ce que la présence du Premier ministre Kassory Fofana, le Médiateur de la République et des hauts cadres de l’administration.

Extraits du discours de ce patriarche :

 « Je vous salue au nom de l’islam. Je vous parle au nom des sages de la Basse côte. Je suis très heureux et content de vous et j’ai compris que vous aimez la Basse Guinée et la Guinée. Je vous appelle dans le but de penser à la Guinée en général et à la Basse Guinée. Vous les cadres, commerçants, sages si vous voulez que nous allions de l’avant, soyons unis. La Basse Guinée ne sera jamais divisée. La Basse côte qui était chef suprême en Guinée à l’époque. C’est la Basse Guinée qui s’est battue lourdement pour la libéralisation de la Guinée lorsqu’elle était soumise à la volonté des colons. Je connais la Guinée. La division a beaucoup fatigué la Basse côte. La Basse côte a beaucoup souffert, elle a porté la mauvaise paire pour la paix. Nous respectons toujours le président. On ne va jamais humilier un chef de l’État. Donc acceptons et œuvrons pour la solidarité et l’unité nationale. Nous sommes humiliés (Basse côte). Il y a de mauvais titres fonciers à Coyah, à Dubréka, à Forécariah… Boffa est devenu la Chine parce que ce sont des Chinois qui ont fini de payer les parcelles. Que cela cesse à Boké. Respectons les sages, les responsables. Il faut se connaître d’abord avant de connaître les autres. Dubréka fut la première capitale de la Guinée en 1916. Arrêtons d’insulter le président. Vive la Basse côte ».

Même s’il faut saluer ce réveil tardif de Me Cheick, l’on se demande tout de même jusqu’où la justice guinéenne compte aller.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

 

 

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