Des enseignants grévistes licenciés: où est passé la trêve voulue ?

Le gouvernement opte pour la voie forte : menace de licenciement de tous enseignants grévistes. Pour y arriver, un contrôle des présences doit être effectué dans les écoles. Et mieux, des policiers et gendarmes vont être commis dans les grands établissements afin d’éviter des perturbations.

Une question circule depuis cette annonce du gouvernement. Il s’agit de savoir où est passé l’accord lié à ce qu’il est convenu d’appeler «Feuille de route pour la mise en place d’une trêve pour la relance économique et la promotion du progrès social en Guinée ».

A s’y méprendre, il a été convenu de procéder à une trêve, le temps d’ouvrir le dialogue social. Selon des sources, cette trouvaille du gouvernement vise juste à berner les enseignants. Ceux-ci notent plutôt la mauvaise foi des multiples négociateurs envoyés par Don Kass. Une occasion pour un allié d’Alpha Condé de fulminer : « Nous avons tout le temps pour des fiestas, des célébrations et des discours, mais nous n’avons pas le temps de travailler dur pour l’avenir de nos enfants. Depuis la fin de la dernière grève, on aurait eu suffisamment de temps pour régler ce problème. Mais il n’en n’a rien été. Le droit à l’éducation de nos enfants, c’est le cadet de leurs soucis. Sans compter que la rémunération des enseignants n’est que l’un des nombreux problèmes graves qui réduisent notre système éducatif en une gigantesque machine à broyer la jeunesse, jetée dans la vie active sans formation adéquate et sans éducation. C’est lamentable », fulmine Baadiko Bah.

Pour sa part, le SLECG reste droit dans ses bottes : « C’est une utopie d’annoncer le licenciement des enseignants grévistes, de geler leurs salaires et les remplacer par des retraités et des élèves-enseignants. Nous allons réagir à cette provocation. Je profite pour demander aux enseignants de rester sereins. De ne pas se rendre aux cours le lundi. Aux parents d’élèves de garder leurs enfants à la maison. Nous sommes dans notre droit… Si on ne nous reconnait pas ce droit, nous allons saisir les institutions internationales. »

Ce lundi risque d’être encore perturbé. Comme le veut bien le gouvernement.

 

Jeanne Fofana

 

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