Des prisonniers tunisiens produisent des masques de protection


Par Houda Trabelsi

Environ 150 masques de protection ont été produits depuis fin mars dans les prisons tunisiennes. Sofiène Mezghiche, porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation (DGPR), a répondu aux questions de la dpa.

Tunis (dpa) – Dans un contexte de lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus, la Tunisie enregistre une pénurie de masques de protection. Des prisonniers se sont mobilisés pour les produire. Interview avec Sofiène Mezghiche, porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation (DGPR), en Tunisie.

Question : Comment a démarré l’opération de confection des masques à l’intérieur des prisons tunisiennes ?

Réponse : La confection des masques a démarré fin mars 2020. Avant cette date, nous avons équipé les ateliers (aménagés à l’intérieur des prisons, ndlr) avec des machines à coudre et de tissu adapté, dont la qualité répond aux normes sanitaires fixées par le ministère de la santé.

Au début, nous avons démarré avec quatre ateliers seulement. Maintenant, nous en disposons de douze. À la prison des femmes de la Manouba (Nord-Est), nous avons un atelier dans lequel travaillent 26 prisonnières. Dans un pavillon de la prison de Jendouba (Nord-Ouest), nous avons un atelier qui compte cinq femmes. Quant aux autres ateliers, des prisonniers hommes y travaillent. Le nombre de personnes qui travaillent dans ces ateliers varie entre cinq et 30.

Question : Selon quels critères avez-vous choisi les prisonniers destinés à travailler dans ces ateliers ?

Réponse : Ils sont choisis à travers une commission composée du directeur de la prison, du responsable de la rééducation, d’un psychologue et d’un conseiller social, en fonction d’un certain nombre de conditions dont la bonne santé du prisonnier, sa bonne conduite, outre une connaissance de base en matière de couture et son accord pour faire ce travail.

Question : Combien de masques ont été produits jusqu’à maintenant ?

Réponse : Environ 150 mille masques dont 50 mille au profit du ministère de la santé et les autres 100 mille destinés aux prisonniers dans les établissements pénitentiaires du pays, et aux fonctionnaires de la Direction générale des prisons et de la rééducation, ainsi qu’aux juges et fonctionnaires des tribunaux.

Question : Quels bénéfices tirent les prisonniers qui participent aux ateliers de confection des masques ?

Réponse : L’opération de production permet au prisonnier de passer un temps en dehors de sa cellule. Elle lui permet de réaliser des acquis sur le plan moral, puisqu’il aura le sentiment de se réconcilier avec lui-même et avec la société à travers l’engagement dans un effort pour l’intérêt général, en ce moment exceptionnel que traverse le pays.

En confectionnant des masques, le prisonnier a le sentiment qu’il aide la société. Il envoie aussi un message à la société disant en substance que la valeur de la solidarité peut s’appliquer même au sein de la prison.

Une prisonnière de la prison de la Manouba a dit qu’en confectionnant des masques, elle pourrait contribuer à sauver quelqu’un de la mort et lui donner une nouvelle chance de vie. En plus, les prisonniers qui participent aux ateliers de production des masques reçoivent une contrepartie financière symbolique pour répondre à leurs besoins quotidiens.

Source: https://www.dpa-news.de

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