DOSSIER: Bouclier mondial contre les risques climatiques

Initié par l’Allemagne, ce mécanisme financier a été conçu pour aider les pays les plus vulnérables au changement climatique à limiter les pertes et dommages liés au climat.

Par Mounir Ben Hassen

Deux pays africains, le Sénégal et le Ghana, seront parmi les premiers États bénéficiaires du Bouclier mondial contre les risques climatiques créé récemment avec l’appui de l’Allemagne. Ce nouveau mécanisme financier a été lancé, le 14 novembre, lors de la 27e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP27) tenue en Égypte. Il est initié par l’Allemagne, sous sa présidence du G7, aux côtés du Vulnerable twenty group (V20).

Réunis en Allemagne en juin dernier, les pays membres du G7 ont approuvé, sur proposition de Berlin, de mettre en place un Bouclier mondial contre les risques climatiques. Le V20, créé en 2015 par 20 pays parmi les plus vulnérables au changement climatique, regroupe, aujourd’hui, 58 pays représentant quelque 1,5 milliard de personnes. Environ 98 pour cent de cette population ne bénéficient d’aucune protection financière, d’après une récente étude du V20.

Depuis 2000, le changement climatique a causé aux 58 pays en question des dommages économiques de 525 milliards de dollars, selon les estimations de cette étude. Cependant, ces pays ne sont responsables que de cinq pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). 24 pays africains sont membres du V20 : Bénin, Burkina Faso, Tchad, Comores, Côte d’Ivoire, RDC, Eswatini, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Libéria, Madagascar, Malawi, Ouganda, Niger, Rwanda, Sénégal, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie, Maroc et Tunisie.

Des financements déboursés rapidement

L’Allemagne a alloué au Bouclier mondial un financement de démarrage de 170 millions tandis que plus de 40 millions d’euros ont été promis par le Danemark, l’Irlande, le Canada et la France. Selon Berlin, d’autres engagements d’autres États sont attendus prochainement. Les premiers pays bénéficiaires du Bouclier sont le Ghana, le Sénégal, le Bangladesh, le Pakistan, les Philippines, le Costa Rica, et les Fidji. Ce mécanisme se propose, d’après ses initiateurs, de pallier « aux faiblesses actuelles de la structure de protection financière » dans les pays concernés, et ce, « grâce à des financements pré-arrangés qui sont déboursés rapidement et de manière fiable avant ou juste après les catastrophes ».

Il « élargit les instruments de protection financière pour les gouvernements, les communautés, les entreprises et les ménages, atténuant ainsi l’impact des catastrophes, rendant les économies vulnérables résilientes, préservant le développement durable et protégeant les vies et les moyens de subsistance ». Au niveau des ménages et des entreprises, ces instruments comprennent, par exemple, la protection des moyens de subsistance, les systèmes de protection sociale, l’assurance du bétail et des récoltes, l’assurance des biens, l’assurance contre les pertes d’exploitation, les réseaux de partage des risques et les garanties de crédit.

Au niveau des gouvernements (nationaux et infranationaux), des agences humanitaires et des organisations non gouvernementales, le Bouclier mondial soutiendra le développement intégré d’instruments utilisés pour s’assurer que l’argent est disponible en cas de besoin (entrées d’argent). Il soutiendra également les processus garantissant que l’argent est dépensé pour fournir « ce dont les individus et les communautés affectés ont besoin quand ils en ont le plus besoin (sorties d’argent) ».

L’Allemagne « a dépassé » sa contribution financière promise

Intervenant à l’ouverture de la COP 27, le Chancelier fédéral allemand Olaf Scholz a déploré le fait que les pays industrialisés qui ont promis dès 2020 des financements climatiques de 100 milliards de dollars par an, d’ici 2025, en faveur de pays en développement, n’ont pas tenue leur promesse. « Cet objectif ne sera vraisemblablement atteint qu’à partir de 2024. Le gouvernement fédéral (allemand, ndlr) le regrette, mais continue à fournir sa juste part », a-t-il dit, rappelant que « ces dernières années, l’Allemagne a dépassé sa contribution promise au financement international de l’action climatique ».

En 2021, les fonds allemands (publics et privés) alloués au financement international de l’action climatique ont atteint 8,1 milliards d’euros dont 5,3 milliards d’euros provenant de sources publiques, a-t-il souligné. D’ici 2025, Berlin va augmenter la part des financements publics à 6 milliards d’euros par an, a-t-il poursuivi. L’Allemagne projette de réduire de 65 pour cent ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2030, et d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2045, tandis que l’Union européenne (UE) vise 2050 pour y parvenir, a rappelé Scholz.

Source: dpa-news.de

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