DOSSIER: Climat : Plaidoyer pour de « nouvelles formes » de coopération

Il s’agit de « partenariats pour une transition énergétique juste », et d’un « club du climat » pour accélérer la transformation des industries vers la neutralité climatique.

Par Mounir Ben Hassen

Le chancelier fédéral allemand Olaf Scholz a plaidé en faveur de « nouvelles formes » de coopération climatique « en complément » des Conférences annuelles des Nations unies sur les changements climatiques (COP). L’objectif est de « faire avancer » le processus climatique mené par l’Organisation des Nations unies (ONU), qui reste « central », selon Scholz qui intervenait à l’ouverture du 13e Dialogue de Petersberg sur le climat, organisé du 17 au 19 juillet dans la capitale allemande, Berlin. Créé par l’Allemagne en 2010, ce Dialogue, qui sert à préparer les COP, fait désormais partie intégrante de la politique climatique internationale. Sa 13e édition fait office de lancement des préparatifs de la COP 27, prévue du 7 au 18 novembre à Charm el-Cheikh en Égypte.

Tenue en présence du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, cette édition à laquelle a participé (par visioconférence) le secrétaire général de l’ONU António Guterres, a rassemblé des représentants d’environ 40 États. Les participants ont débattu des questions portant, entre autres, sur le financement de l’action climatique et la politique énergétique à l’échelon mondial, l’adaptation au changement climatique, et l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

« Nous devons aborder la transformation vers la neutralité climatique comme un programme de modernisation mondial », a plaidé le chancelier allemand, précisant que cela inclut, à l’échelle planétaire, l’électromobilité, les matériaux de construction neutres en carbone, l’hydrogène vert, les éoliennes et installations solaires très performantes ainsi que les flux de biens respectueux de l’environnement.

« Partenariats pour une transition énergétique juste »

Concernant les « nouvelles formes » de coopération climatique, il a évoqué les « partenariats pour une transition énergétique juste » (« Just Energy Transition Partnerships »), et l’initiative allemande relative à la création d’un « club du climat ».
En 2021, des bailleurs de fonds internationaux, dont l’Allemagne, ont scellé un « partenariat pour une transition énergétique juste » avec l’Afrique de Sud, première puissance industrielle du continent africain.

Dans ce cadre, l’Allemagne a alloué 700 millions d’euros pour appuyer l’Afrique de Sud, classé parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde, dans ses efforts pour abandonner la production d’électricité à partir du charbon. Selon Berlin, les « partenariats pour une transition énergétique juste » peuvent être étendus vers d’autres pays, notamment africains.

Un club climatique « ouvert à tous »

Les pays membres du G7, réunis en Allemagne du 26 au 28 juin, ont convenu, sur proposition de chancelier allemand, de créer le club du climat, d’ici la fin de 2022. « Inclusif » et « ouvert à tous », ce club « réunira le Nord et le Sud, les pays industrialisés, les pays émergents et les pays en développement », pour « accélérer, par des efforts collectifs, la transformation de nos industries vers la neutralité climatique », a dit Scholz. « Nous n’avons pas encore suffisamment progressé dans ce domaine, car tout le monde craint que leurs propres entreprises migrent vers leurs voisins avec des règles plus laxistes », a-t-il constaté.

« Nous ne pouvons sortir ensemble de ce dilemme qu’en approfondissant la coopération internationale en matière de politique climatique, et ce, en créant des marchés pilotes internationaux pour les technologies respectueuses du climat et en renforçant la confiance dans la coordination internationale des politiques climatiques. C’est ainsi que nous éviterons un patchwork (mosaïque, ndlr) mondial de droits de douane et de taxes à l’importation (…) », a-t-il poursuivi. Selon Scholz, « si nous créons des conditions similaires et un « level playing field » (des règles du jeu équitables, ndlr), cela encouragera les investissements dans les nouvelles technologies ».

Le club climatique devrait, a-t-il relevé, créer « de nouveaux marchés pour les produits respectueux du climat, par exemple pour l’acier vert ou l’hydrogène vert ». Par ailleurs, Scholz a fait savoir que la COP 27 sera l’occasion pour débattre des « solutions pratiques » permettant de « faire face aux pertes et aux dommages causés par le changement climatique ». « Nous devrions profiter de la conférence de Charm el-Cheikh pour nous concentrer plus spécialement sur les pays les plus durement touchés par le dérèglement climatique ou qui le seront dans un avenir proche », a-t-il souligné.

Responsable de quatre pour cent seulement des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’Afrique est le continent le moins pollueur de la planète, selon l’ONU. Paradoxalement, ce continent est la région du monde la plus impactée par les effets néfastes du changement climatique, qui se traduisent souvent par des sécheresses récurrentes, des inondations meurtrières et des cyclones tropicaux.

Source: dpa-news.de

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