DOSSIER DES AUDITS : La contre-attaque de Mamadou Sylla

Au lendemain de la publication par l’inspecteur général d’Etat des cinq premiers dossiers du Comité d’audit des secteurs stratégiques de l’économie (CASSE), Elhadj Mamadou Sylla, aujourd’hui député, mais aussi PDG de Futurec Holding n’avait pas caché sa colère. Accusé dans le fameux dossier d’Air Guinée, il avait détenir des documents qui attestent qu’au contraire, c’est l’Etat qui lui reste devoir et qu’au moment opportun, il sortirait les preuves. Eh bien, il est passé à la phase de l’exécution de ces menaces. En effet, ce vendredi, il a formellement assigné la BCRG en justice pour non paiement, dit-il, d’une faramineuse de plus de 20 millions de dollars américains.

L’homme d’affaires en disgrâce avec le régime du président Alpha Condé, s’exprimant par le biais de ses avocats, estime en effet, qu’en vertu d’un protocole d’accord de règlement de dettes croisées entre l’Etat guinéen, la BCRG et le groupe Futurec Holding, conclu le 15 décembre 2008, il aurait résulté en faveur de sa société, un « solde net de 19.794.619 USD (dix-neuf millions sept-cent quatre-vingt quatorze mille six cent dix-neuf dollars américains) dû par l’Etat ».

Selon les avocats de Mamadou Sylla, au terme du protocole d’accord évoqué précédemment, l’Etat se serait engagé à verser ce solde ainsi qu’il suit :

– 6 millions de dollars US, courant décembre 2008

– 6.897.310 dollars US au 1er avril 2009

– 6.897.309 dollars US au 2 janvier 2010

Ces montants n’ayant jamais été payés, les avocats de Mamadou Sylla accusent la BCRG d’avoir failli à ses obligations de paiement alors qu’elle en aurait reçu l’ordre par l’Etat guinéen, lui-même. Et c’est la raison pour laquelle elle est convoquée au Tribunal de première instance de Kaloum, le 4 septembre prochain. Car, Mamadou Sylla souhaite non seulement se faire payer ce qu’il considère comme son dû, mais aussi, il réclame au titre des dommages et intérêts, 10 milliards de GNF.

En gros, c’est la contre-attaque qui a commencé. Comme, du reste, il l’avait laissé entendre.

Anna Diakité, Kabanews

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