DRAME DE ROGBANE : Le verdict attendu le 15 janvier

Le très attendu et très médiatisé procès relatif au drame de la plage de Rogbane, connaîtra bientôt son épilogue. C’est du moins ce qu’a indiqué le président du Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. Selon Mangadouba Sow qui s’exprimait à l’issue du réquisitoire du procureur général et de la plaidoirie des avocats de la partie civile et de la défense, c’est le 15 janvier prochain que le verdict sera prononcé.

En attendant, l’accusation et la défense se sont rudement affrontées par le biais des prévenus. En effet, le procureur, dans son réquisitoire a demandé une peine d’emprisonnement d’un pour six des huit accusés. En fait, le gouverneur de la ville de Conakry, Soriba Sorel Camara et le président de la délégation spéciale de la commune de Ratoma, Sékou Batouta Camara, sont les seuls qui bénéficié de la clémence de Souleymane Sidi N’Diaye. Pour les autres, dont Malick Kebé et Ablaye Mbaye de la structure Mœurs Libre Prod. , le procureur pense qu’ils sont coupables de négligence et d’inobservation du règlement qui consistait en la fermeture des plages par le précédent gouverneur, Sékou Resco Camara, suite au précédent drame de la plage de Lambanyi.

Dans le camp de la défense, on voit naturellement les choses d’une autre façon. Désireux d’user de tous les moyens pour défendre leurs clients, les avocats de la défense ont rejeté en bloc les termes de négligence et d’inobservation d’un quelconque règlement mis en avant par l’accusation. Pour ce qui est de la négligence, ils objectent que leurs clients avaient été si bien pris en compte la question sécuritaire qu’ils avaient non seulement écrit à la gendarmerie, mais aussi qu’ils avaient loué les services d’une société privée de sécurité. En ce qui concerne la violation de la mesure de fermeture des plages, les avocats de la défense rejettent le fait que leurs clients en soient les auteurs. Ils rappellent plutôt que c’est le ministère de la culture et du patrimoine histoire qui, à la faveur de la tenue du Festival Manifest, avait tacitement fait lever la mesure. Mais sur le fond, ils s’élèvent même contre la mesure en tant telle. D’une part, elle serait de nature à restreindre les libertés individuelles garanties par la constitution. De l’autre, l’ex-gouverneur, Sékou Resco Camara, ne serait fondé à la prendre.

Du point de vue des avocats de la défense, si culpabilité il y a dans ce drame qui a emporté jusqu’à 33 jeunes guinéens, elle serait imputable à l’Etat dont un des services régaliens que constitue  la gendarmerie, ne se serait pas acquitté de sa mission. Les avocats de la partie civile qui, eux, avaient demandé une amende à hauteur de 1.500.000.000 de GNF, ont également eu droit à la réplique de la défense. En effet, à en croire, leurs homologues de la défense, les parents des victimes ne sont pas exempts de tous reproches, dans la mesure où, dans certains cas, ils auraient librement laissé des mineurs prendre part au concert.

En gros, contrairement au procureur général, les avocats de la défense demandent la relaxe de leurs clients car, disent-ils, ces derniers ne seraient coupables de rien.

C’est donc entre ces deux positions que le juge va devoir trancher le 15 janvier prochain.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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