EBOLA : Quels impacts sur le système de santé ?

Si la défaillance du système de santé des pays touchés par l’épidémie à virus Ebola est souvent invoquée pour expliquer l’ampleur qu’elle a fini par prendre notamment en Guinée, en Sierra Léone et le Libéria, il se trouve que l’avènement de la maladie n’a pas nécessairement arrangé les choses. Ainsi, au Libéria, on parle d’un système de santé totalement écroulé. En Guinée, à l’occasion de la dernière journée parlementaire, le ministre  de la santé, le colonel Remy Lamah a donné un aperçu des conséquences de l’épidémie à virus Ebola sur le système de santé guinéen.

A l’en croire, Ebola a aggravé une situation qui n’était déjà pas reluisante. Cela commence bien entendu par la soixantaine de médecins dont la moitié a trépassé. Mais au-delà, selon le ministre Remy Lamah, Ebola concentrant toute l’attention, les autres consultations ont fortement baissé. Des consultations qui, de 985.000 avant Ebola, se situeraient actuellement autour de 442.000. Quant aux hospitalisations, elles seraient passées de 102.000 à 89.000. Soit une baisse de plus de 50 %.

Naturellement, comme un effet domino, cette situation n’est pas sans conséquences sur les recettes des structures hospitalières. Ces recettes, à leur tour, auraient connu une baisse de 55 %. En conséquence, ces structures ne sont pas en mesure de faire face à certains de leurs engagements dont les primes à verser aux contractuels et l’achat de certains consommables. De même, des actions stratégiques dont les campagnes de vaccination de masse relatives à certaines pandémies sont, soit suspendues, soit relativement négligées. Par certaines structures sanitaires seraient fortement affectées par l’accaparement des ambulances par la guerre nationale contre Ebola.

Il est cependant nécessaire de préciser que la baisse des consultations ou des hospitalisations peut également résulter du sentiment de méfiance et de panique que les populations éprouvent à l’idée de se rendre au niveau des différentes structures sanitaires, au risque de choper la maladie.

Anna Diakité,www.kababachir.com   

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