Éducation : Une décision du ministre Sangaré suscite la colère des enseignants contractuels

Après la signature du protocole d’accord mettant fin à 3 mois de grève des enseignants, qui a paralysé le secteur de l’éducation, le gouvernement veut se débarrasser des enseignants contractuels qui avaient assuré la relève.

Dans un courrier signé du ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le gouvernement annonce la tenue prochaine d’un concours de recrutement des contractuels de l’Etat. Mory Sangaré qui  s’est réjoui de constater que le gouvernement ait pu payer tous les contractuels, en guise de primes d’encouragement, justifie cette décision :

A cette phase transitoire, explique Mory Sangaré, « où les dossiers des dits postulants sont à l’étude et à l’authentification des diplômes qui y sont insérés ; et ce, en attendant le recrutement des meilleurs d’entre eux en tant que contractuels de l’Etat, je vous réitère instamment de remettre  leur charges aux titulaires. » a instruit le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation dans une note circulaire adressée aux DPE, DCE et IRE.

Ajoutant que : « Seuls les contractuels payés par les communautés locales peuvent être maintenus ».

En tout état de cause, poursuit le ministre, le gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour que ceux des contractuels qui seront retenus en qualité de contractuels d’Etat, suite aux évaluations, bénéficient de rémunération conformément aux termes de nos lois et règlements en vigueur », prévient Mory Sangaré.

Une annonce qui n’est pas du goût des enseignants contractuels qui crient à la trahison du gouvernement :

«Nous nous sentons trahis par le gouvernement qui, après nous avoir utilisé pour satisfaire sa cause, il nous abandonne. Quand on nous recrutait, il nous a jamais été dit qu’on devrait passer un concours pour être contractuels d’État, mieux, on ne passe pas de concours dans l’enseignement pour être contractuels d’État. Aussi dans la note de service de notre engagement, il est clairement écrit que nous sommes engagés pour un an en qualité de contractuels d’État» s’est indigné dans l’émission le ‘’Quotidien’’, chez nos confrères de Djigui Fm, le coordinateur des enseignants contractuels.

De son côté, le secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE) s’insurge contre cette décision du gouvernement

« Aucune loi de la République, ne dit que, pour être contractuel, il faut faire un test. De façon globale, nous avons retrouvé seize mille cinq cent contractuels, alors que l’État avait demandé de trois mille à quatre mille cinq contractuels. Selon des indiscrétions, ils n’auront besoin que de trois à quatre cent enseignants contractuels », a révélé Michel Pépé Balamou.

Face à cette position du gouvernement, le SNE se dit fermement opposé à l’idée d’organiser un nouveau test et demande à ces contractuels de refuser de s’y soumettre.

« Nous invitons ces contractuels de ne pas se soumettre à cette évaluation qui va être proposée par le ministre Mory Sangaré. Nous lui demandons d’ailleurs de proclamer les résultats d’inspection faite par l’inspection et les professeurs titulaires », a lancé le syndicaliste.

Comme on le voit, le gouvernement engage un nouveau front avec les enseignants contractuels, pendant qu’Aboubacar Soumah du SLECG appelle les enseignants à la patience pour qu’enfin le gouvernement puisse dégeler leurs salaires et évaluer les cas des enseignants fictifs, afin de faire face à la revendication des enseignants, qui exigent une augmentation de salaire.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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