Elections communales : Cellou Dalein plutôt flexible

 
Des élections communales, il en est encore et toujours question. Tout d’abord autour de l’examen, ce lundi, du projet de code électoral amendé par l’Assemblée nationale. Passage obligé de ces élections à la base, l’adoption de ce nouveau code n’est pas tout à fait garantie. D’où l’inquiétude que l’opposition a exprimée à l’issue d’une plénière qu’elle a organisée cette semaine. Ensuite, le retard que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) accuse dans la mise en œuvre des réformes la concernant préoccupe l’opposition. Autant d’entraves en perspective que le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a dénoncées en marge de l’Assemblée générale de son parti d’hier. Cellou Dalein menace même de faire reprendre les manifestations de rue, si l’élection ne se tient pas d’ici au mois de juin. Une échéance plutôt large non ?
Le président de l’UFDG veut donc que les élections communales se tiennent d’ici à juin. Une exigence qui se justifie en partie par le fait qu’au-delà de cette période, on entre dans la saison des pluies, inappropriée pour la tenue des élections. Cependant, on a l’impression que Cellou Dalein Diallo s’y prend par le mauvais bout. Suffit-il en effet d’exiger une date d’ici au mois de juin et de s’en tenir à cette seule exigence ? Certainement non! A cette première date butoir, il faut une seconde, à savoir celle au-delà de laquelle il devient juridiquement impossible de faire tenir les élections. Bref, Cellou Dalein Diallo devrait davantage fixer une date à laquelle il exigerait du président de la République la convocation du corps électoral.
En tout cas, en se projetant uniquement sur l’échéance de juin, il y a des chances que le pouvoir place tout le monde devant le fait accompli. Il suffit pour cela d’endormir tout le monde tout en donnant l’impression de vouloir faire tenir les élections. Puis, quand ce sera trop tard, de se réveiller subitement et de faire constater l’impossibilité de faire tenir le scrutin. Une perspective qu’on peut éviter en exigeant non pas une date, mais un chronogramme avec des étapes précises qu’il faudra rigoureusement faire respecter. A défaut, on risque bien de se faire rouler dans la farine, une nouvelle fois.  
Anna Diakité, www.kababachir.com
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