Élections en Guinée : L’opérateur français Gemalto visé par une plainte

L’opérateur français Gemalto, leader mondial de la sécurité numérique, qui a été retenu provisoirement par la Commission Electorale nationale Indépendante (CENI) guinéenne, pour l’élaboration et la gestion du fichier électoral, est visé aujourd’hui par une plainte.
Dans un communiqué, le CRAN  (Conseil Représentatif des Associations Noires), qui envisage de porter plainte contre l’opérateur français, en rapport avec les associations de la Société civile de la Gabon et de la Guinée, émet des doutes sur la transparence des élections en Afrique, notamment au Gabon, avec  l’élection contestée du président Gabonais, Ali Bongo.
C’est pour toutes ces raisons que le CRAN et les associations issues de la société civile au Gabon et en Guinée, organisent conjointement une conférence de presse le mardi 3 mars 2015, à Paris, pour dit-on, présenter la plainte proprement dite.
Au Gabon, l’entreprise Gemalto se vit attribuer le marché public, mais sans appel d’offre, en infraction avec le code des marchés publics gabonais, pour un budget extravagant de 20 milliards de francs CFA (soit 30 millions d’euros).
Après les élections troublées de 2009 au Gabon, Gemalto devait dissiper tout risque de trucage, mais c’est l’inverse qui s’est passé, et la suspicion est désormais à son comble. Sans transparence, il n’y aura pas de véritable démocratie au Gabon. Et il en va de même dans les autres pays où intervient Gemalto, comme la Guinée où l’opérateur doit intervenir.
En Guinée, l’opposition s’était battue pour écarter l’ancien opérateur technique Sud Africain, le couple Waymark-Sabary technologie, soupçonné de corruption, qui devait organiser les élections présidentielles. Mais selon des procédés semblables à ce qui s’est passé au Gabon, Alpha Condé, qui se représente en 2015, a imposé Gemalto d’une manière unilatérale.
Cette plainte qui vise l’opérateur technique français, Gemalto, qui a déjà été retenu en Guinée pour assurer l’élaboration et la gestion du fichier électoral guinéen, en prélude des prochaines consultations électorales (élections locales et présidentielles), prévues cours de cette année 2015, devraient attirer l’attention des acteurs politiques sur les risques des fraudes.
En tout cas, avec une telle plainte, c’est la crédibilité de la Société, chargée des gérer le processus électoral,  qui est remise en cause et ce, à moins de 10 mois de la présidentielle guinéenne.
Ceci dit, la vigilance doit être de mise, pour éviter des élections truquées en Guinée et une crise post-électorale, dont les conséquences seront incalculables pour le pays
Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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