ELECTIONS LOCALES : Menace sur l’accord du 20 août

Alors que l’encre n’a pas encore séché sur les nouveaux engagements du gouvernement guinéen à l’égard du mouvement syndical, il n’est certainement pas superflu de mettre en garde contre la menace réelle qui pèse sur d’autres engagements de ce  même gouvernement. Il s’agit de la date de la tenue des élections locales. En effet, selon l’accord politique global du 20 août 2015, ces dernières ne pouvant se tenir dans l’intervalle de délai qui séparait de la tenue de l’élection présidentielle, devaient être organisées durant le 1er semestre de 2016. C’est ce qui est stipulé à l’article 12 et du Titre II. De même, le président du comité de dialogue inter-guinéen, le ministre de la justice, Me Cheick Sako, avait à l’occasion d’une rencontre avec l’ensemble des acteurs impliqués, réitéré l’engagement selon lequel les dites élections devront se tenir au plus tard le 30 juin 2016.

Mais de ce qui résulte de la rencontre de planification que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) vient de tenir à Kindia, il ressort que le respect de ces engagements est de plus en plus hypothétique. En effet, les responsables de l’instance organisatrice des élections sans nécessairement évoquer explicitement le report des élections, ont toutefois déroulé un plan de réformes techniques, juridiques et administratives préalables à l’organisation des scrutins communaux et locaux. Il se trouve que le délai préconisé pour toutes ces réformes va largement au-delà du 30 juin 2016. Dans le même ordre d’idées, on commence déjà à parler de la nécessité de séparer les élections communales et locales.

Naturellement, ce ne sont là que des subterfuges destinés à reculer des élections que le pouvoir n’a aucun intérêt à organiser par les temps qui courent. D’une part, il se rend compte que sa cote de popularité n’est pas particulièrement élevée. Par ailleurs, les caisses de l’Etat ne sont pas nécessairement renflouées pour soutenir une campagne électorale devant à rapprocher les électeurs du parti au pouvoir.

Conséquence, les élections communales, une nouvelle fois, pourraient se voir reporter. Au grand dam de l’opposition guinéenne.

Anna   Diakité, www.kababachir.com

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