ELECTRICITE EN GUINEE : Les habitudes ont la vie dure

A force de croire dans la propagande des autorités guinéennes, le peuple avait fini par se convaincre qu’il en a terminé avec le rationnement du courant électrique. Ne serait-ce que dans la capitale Conakry. Mais c’était sans compter certaines habitudes qui semblent éternelles dans la gestion du courant électrique. Il en est ainsi des délestages qui ont repris depuis quelques semaines. Mais il est ainsi aussi des explications qui sont çà et là servies pour justifier l’injustifiable.

A plusieurs égards, Keleta ressemble à Garafiri. D’abord dans la communication d’avant-projet. Pour Garafiri avec seulement 75 MW, le gouvernement Lansana Conté avait laissé courir le mensonge selon lequel après la construction du barrage, le pays en aurait fini avec ses récurrents problèmes d’électricité.  Avec Kaleta, on a eu recours au même type de bluff. Le barrage ne produit que 240 MW, mais on subtilement laissé croire qu’il renverrait à jamais le symptomatique ‘’tour-tour’’ dans les placards de l’histoire. Or, les autorités et les techniciens avaient conscience qu’en période d’étiage, la puissance chuterait considérablement. Un spécialiste avait même osé prévoir que la capacité de fourniture du barrage se retrouverait autour de 70 MW pendant la période la plus sèche de l’année.  Mais campagne électorale oblige, personne n’avait osé admettre cette vérité-là.

Et depuis que les délestages ont repris, on sert le mensonge et encore le mensonge. D’abord c’est sur insistance des médias qu’EDG a consenti à produire un laconique communiqué annonçant que les raisons de la perturbation sont des pannes à la réparation desquelles la société promet de s’atteler au plus tard le 15 mars. Le ministre de l’énergie et de l’hydraulique, Cheick Taliby Sylla, prend le risque de se mouiller en promettant fermement qu’il ne sera plus question du rationnement du courant à Conakry. Car, dit-il, l’offre est largement supérieure à la demande. Mais à aucun moment, il n’a l’humilité d’admettre que les capacités de Kaleta ont chuté.

Or, c’est bien de cela dont il s’agit. Car il est désormais question de déficit de gas-oil et de mazout pour les groupes de K-Energy et Tombo. On va jusqu’à invoquer la dernière grève générale des syndicalistes pour justifier le retard dans la livraison de ces deux combustibles. A coup sûr, une autre manœuvre dilatoire pour entretenir l’espoir des usagers. Et il est fort à parier qu’il en sera ainsi jusqu’au retour des pluies, seule véritable solution à la crise actuelle dans la fourniture du courant électrique dans les foyers.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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