Elhadj Saikou Yaya-Sékhouna Soumah : les remparts d’autrefois

 

L’un est le sage de sa communauté, le second le Kountigui de la Basse-côte. Il y a des ans, les deux constituaient, à l’arrivée d’Alpha Condé et à sa 58è victimes sur l’Axe, un rempart, un bouclier pour les populations du tronçon Bambeto, Cosa, Enco5, etc.

Le tandem fonctionnait d’ailleurs, les deux coordinations avaient même lancé un appel solennel et patriotique, un « SOS » pressant à la communauté nationale et internationale, aux ONG de défense des droits de l’homme et à toutes les bonnes volontés, pour leur implication urgente dans le règlement définitif et durable de cette crise structurelle entretenue par le Pouvoir actuel du professeur Alpha Condé.

Rappel : Il y a lieu de noter qu’aux lendemains des sanglantes journées des marches pacifiques autorisées de l’opposition républicaine du 23 mai 2013, la Coordination Haali-Pular, grâce à l’intermédiation du ministre des Droits de l’homme M. Kalifa GassamaDiaby sous la conduite de son président, doyen des sages, ElhadjSaikou Yaya Barry, compagnon de l’Indépendance, a rencontré en compagnie d’une forte délégation de la coordination, le premier ministre, chef du gouvernement, M. Mohamed Said Fofana assisté à l’occasion de certains ministres de la République mobilisés en urgence ce samedi 25 mai 2013 de 19h à 21h30 au Palais de la Colombe à savoir :

  • le ministre d’Etat chargé de la Justice, M. Christian Sow ;
  • le ministre délégué à la Défense, M. Abdoul Kabélé Camara ;
  • le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, M. Alhassane Condé ;
  • le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, M. Mouramany Cissé ;
  • le ministre des Droits de l’homme, M. GassamaDiaby ;
  • le ministre de l’Emploi, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Porte-parole du gouvernement, M. Albert Damantang Camara.

A l’issue des échanges directs entre les parties, le premier ministre, a officiellement déclaré que pour le gouvernement, il y a « une troisième main » hors de contrôle des services de sécurité et de défense qui est responsable des exactions et crimes commis dans l’axe Hamdallaye-Bambéto-Coza-Enco5-Wanindara. Aussi, selon lui, cinq personnes douteuses ont été arrêtées à la frontière Guinéo- sierra-léonaise qui seraient déjà remises aux services compétents pour fins d’enquêtes. Enfin, le premier ministre a rejeté formellement la déclaration de la coordination qui faisait état d’une préoccupation majeure marquée par un début inquiétant de GENOCIDE PLANIFIE contre les PEULS du fait que les 58 victimes depuis l’avènement du professeur Alpha Condé sont à 99% des Peuls.

Pour arrêter ces graves violations reconnues par les autorités, le premier ministre tout en déplorant cette situation a instamment instruit certains ministres présents (Justice, Sécurité, Défense) de prendre toutes les dispositions appropriées afin que le calme et la sérénité reviennent dans ces zones. Depuis le lundi 27 mai jusqu’au mercredi 19 juin 2013, un calme précaire a permis de faire miroiter une atmosphère de sérénité virtuelle car aucune action de réparation ou de poursuite judiciaire des commanditaires et des exécutants des massacres n’a été engagée par le gouvernement. Durant ces moments difficiles, l’Union de la Basse-Guinée sous la conduite du « Kountigui » El hadj SékhounaSoumah en compagnie du président du Bureau exécutif, El hadj Cheick Amadou Camara a apporté un soutien sans faille à travers un élan de solidarité manifeste à l’endroit de la coordination Haali-Pular.Aussi dans le même souci d’apaiser le climat sociopolitique, Dr Sékou Goureissy Condé, médiateur international, après une visite de soutien à la Coordination nationale Haali-Pular, s’est investi à remettre en relation les quatre coordinations pour une réconciliation nationale véritable et inclusive. Malgré toutes ces actions de bonne volonté, le gouvernement n’a, à ce jour respecté, aucun engagement.

Pire ! Alors que la communauté Haali–Pular et la communauté de la Basse-Guinée, toujours respectueuses de l’autorité de l’Etat, se mettaient à rêver d’une entente entre les acteurs politiques pour une sortie de crise heureuse, c’est en ce moment précis que les démons de la division, de l’exclusion et de la discorde font de nouveau irruption dans notre tissu social déjà déchiré. Ainsi, un citoyen de la mouvance, fonctionnaire de son état, pour défendre sa pitance acquise de haute lutte « mafieuse » décide de défendre son « honorabilité » contre une soixantaine de victimes qu’il a contribué à massacrer grâce à ses « Chevaliers de la république ».

Aujourd’hui, ce tandem est vidé de son substrat. Chaque sage s’est radicalisé. L’un appelle à la résistance. L’autre appelle à la chasse au faciès et à la démolition des patrimoines fonciers. C’est encore plus inquiétant quand ces appels émanent des sages et autres notabilités. La Guinée vire-t-elle vers le chaos ?

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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