En Angola, la chute de la « princesse » Isabel met à mal le clan dos Santos

En limogeant de la société pétrolière nationale la fille de l’ex-président, le nouveau chef de l’Etat semble engager un renouvellement de l’élite politico-économique.

Isabel dos Santos, alors présidente de la Sonangol, à Londres, le 18 octobre 2017.

Crédits : Toby Melville/REUTERS

L’étoile de la « princesse » angolaise vient de pâlir subitement. Isabel dos Santos, 44 ans, a pu bâtir un empire économique grâce à la bienveillance de son père, président de l’Angola durant trente-huit ans, qui lui a concédé un quasi-monopole sur les secteurs du diamant, des télécoms, de la distribution ou du ciment. Au crépuscule de son règne, fragilisé par la crise économique née de la chute des prix du baril, José Eduardo dos Santos a cependant fait l’erreur de la nommer en 2016 à la tête de la Sonangol, la société pétrolière nationale, l’une des plus grandes d’Afrique subsaharienne. Ce fut sûrement la manœuvre de trop.

Mercredi 15 novembre, son successeur, Joao Lourenço, investi en septembre, a osé ce que la plupart des analystes n’envisageaient pas dans de si brefs délais. En limogeant Isabel dos Santos de la présidence de la Sonangol, le chef de l’Etat a semble-t-il sonné le glas de l’impunité dont bénéficie l’entourage de son prédécesseur et engagé un renouvellement de l’élite politico-économique.

« Moins de deux mois après sa prise de pouvoir, le président Lourenço a défenestré le plus important symbole du clan dos Santos d’une manière humiliante, constate Ricardo Soares de Oliveira, professeur à Oxford et spécialiste de l’Angola. Ce grand nettoyage est plutôt bienvenu et bien perçu par la population. Cela va lui donner une légitimité en interne et une crédibilité renforcée à l’extérieur. Reste à voir s’il est en train de mener une politique de réformes et de développement ou s’il est simplement en train de recomposer le sommet du pouvoir avec des proches. »

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Quelques signes avant-coureurs avaient en partie annoncé les intentions du chef de l’Etat. Comme la nomination de son ami Carlos Saturnino comme secrétaire d’Etat au pétrole pour affaiblir la Sonangol d’Isabel dos Santos, laquelle l’avait débarqué en 2016 de son poste de directeur de la filiale exploration et production…

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