Encore des radios fermées : jusqu’où ira Moustapha Mamy Diaby ?

Les unes se ferment après les autres. Les radios privées guinéennes deviennent aphones, sous l’effet du ministre des Télécoms. A ce jour, on ne sait pas jusqu’où ira Moustapha Mamy Diaby. Seule évidence, il entend appliquer non seulement les instructions d’Alpha Condé, mais aussi et surtout faire parler la loi.

Quoi de plus normal, si tout est fait en temps opportun ! Les esprits s’échauffent. Les débats sont biaisés. On a l’air de tout politiser. La loi reste quand même la loi : payer les redevances. C’est manifestement ce à quoi veut aboutir la démarche de Moustapha Mamy Diaby. Malgré sa sympathie envers certains patrons de presse, ce ministre refuse « d’être dans une position qui ne respecte pas la loi. » Comme quoi, il entend aller jusqu’au bout.

Même la sortie de Tibou Kamara, le conseiller personnel ne semble pas détourner Mamy de son objectif : «Je n’ai pas eu une discussion avec M. Tibou Kamara, que j’apprécie bien. Ce que M. Tibou Kamara a dit, ne nous engage pas. La position du gouvernement, est celle qui consiste au respect des lois. Donc il n’y a pas eu de consultation au préalable, sans consultation au préalable, je ne peux pas endosser le contenu du message délivré par lui. » Mamy reste donc droit dans ses bottes. Quitte à créer un clash.

Pendant ce temps, le leader du PEDN, estime que la fermeture des radios « ne cache qu’une seule chose, c’est pour intimider les radios privées à l’effet d’annoncer un jour ou de prendre la direction d’un troisième mandat. Ce qui trouvera que les radios sont hors circuit. » Et Lansana Kouyaté de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas : « Si l’on voulait que SabariFM, DjiguiFM, Evasion FM et GanganFM, etc. soient à jour, on n’aurait pas laissé les redevances s’accumuler depuis 2009. » LK appelle à la solidarité des hommes de médias : « Toutes les radios, tous les journalistes doivent être solidaires parce que ce n’est pas par des habitudes de ce genre qu’on va garantir la liberté de la presse, ni amener les citoyens à respecter leur devoir vis-à-vis de l’Etat. Alors, vous comprendrez que mon sentiment est regrettable par rapport à ce qui se passe. »

Le ministre Mamy Diaby et son mentor le comprendront à leur dépens.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.