Etats généraux de l’Education : Alpha Condé et sa ritournelle

Seuls 15% du budget de l’Etat est accordé à l’Education. Avec ce maigre budget, comment améliorer la qualité de l’enseignement, lutter contre les magouilles, accroître les capacités d’accueil, etc. ? Alpha Condé, devant les enseignants, annonce sans jamais se rappeler qu’il y a déjà des rapports sur les états généraux de l’Education qui moisissent dans les tiroirs de la République.

« On va faire les états généraux de l’Education comme on l’a fait dans le secteur de l’Armée. On va le faire avec tout le monde, les enseignants, les parents d’élèves et les représentants des étudiants pour que la Guinée ait une éducation nationale réellement qui marche », avait annoncé le président-prometteur. Puis il s’en prend aux enseignants qui vendent leurs services aux privés. Pourquoi ne pas le faire quand on sait que les salaires sont maigres, relativement insuffisants et les effectifs pléthoriques dans des salles de classe incommodantes ? Alpha Condé est soit de mauvaise foi, soit complaisant, soit un diseur de contre-vérités.

Il sait pertinemment que les dépenses publiques courantes consacrées au secteur de l’Education sont passées de 2 % du PIB en 2011 à 3,8 % en 2016. En 2011, ces dépenses représentaient 18,2 % du budget de l’Etat et autour de 20 % en 2016 alors qu’elles atteignaient les 30 % dans certains pays voisins comme le Sénégal. C’est du moins, ce que révèle son conseiller chargé des questions éducatives Bano Barry. Avant lui, Ousmane Kaba, Sydia Touré, FayaMilimono, etc., avaient tour à tour dénoncé le faible budget alloué au secteur éducatif. Pendant ce temps, le Parlement, l’Armée et la Présidence accroissent leurs budgets respectifs. Parler aujourd’hui encore d’Etats généraux de l’Education, Alpha Condé sert sa ritournelle : superpositions de travaux, sorties intempestives d’argents des caisses de l’Etat, etc., et arroser les Guinéens de promesses à dormir débout.

Bano Barry lui a transmis tout. Alpha Condé s’amuse. Et pourtant : « Le financement de l’Education est nettement insuffisant par rapport aux besoins, insuffisant par rapport aux autres pays de la sous-région et surtout insuffisant pour atteindre la qualité. Mais il est aussi clair que ce budget finance peu les infrastructures, la formation du personnel pédagogique et administratif et l’aide à l’insertion des diplômés. » De l’avis du conseiller d’Alpha Condé, l’amélioration de la qualité de la dépense publique passe nécessairement par des réorientations de l’affectation de la dépense publique de postes de consommation à ceux catalyseurs qui vont booster la qualité des apprentissages et de l’efficience du système.

 

Voilà la réalité.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

 

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