Exploitation minière: Le rapport controversé de Human Rights Watch qui suscite des réactions

Au cours d’une conférence de presse tenue jeudi à la Maison de la presse à Coléah, l’ONG Human Rights Watch a rendu public un rapport sur l’impact environnemental de l’exploitation minière dans la zone de Boké.

Le rapport de 165 pages, intitulé « “Quels bénéfices en tirons-nous ? ” : Impact de l’exploitation de la bauxite sur les droits humains en Guinée », s’intéresse à deux projets miniers menés par les deux plus grands producteurs de bauxite en Guinée en 2017 : la Société Minière de Boké (SMB), un consortium lié au premier producteur mondial d’aluminium, China Hongqiao Group, et qui a connu une croissance extrêmement rapide depuis sa création en 2015, et la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), une société minière créée il y a plusieurs décennies et codétenue par les multinationales Alcoa et Rio Tinto.

 « L’exploitation de la bauxite, si elle n’est pas correctement réglementée, met en péril le mode de vie et les moyens de subsistance de dizaines de communautés qui vivent à proximité des activités d’exploitation minière », a déclaré Jim Wormington, chercheur à la Division Afrique de Human Rights Watch. « L’accroissement du secteur de la bauxite a trop souvent pris le pas sur la protection de l’environnement et des droits humains », regrette-t-il.

Dans cette enquête, Human Rights Watch qui s’est focalisé principalement sur les aspects négatifs de la Société minière de Boké (SMB), qui vient à peine de démarrer ses activités en Guinée. En plus, l’ONG présente un tableau noir de l’industrie extractive de la bauxite guinéenne.

Mais ce n’est pas tout ! Les témoignages recueillis auprès des populations locales, sont anonymes. Toute chose qui remet en cause la crédibilité du rapport de l’ONG.

De l’avis de nombreux observateurs, ce rapport est peu fiable, car l’ONG a mené une démarche partielle dans cette enquête, en ce sens qu’aucun point négatif n’a été attribué à la Société CBG qui exploite également la bauxite dans cette même zone minière. Est-ce que c’est une guerre commerciale qui ne dit pas son nom?

« En tout état de cause, l’Etat va examiner les conclusions du rapport de HRW pour que les éléments pertinents et objectifs y figurant puissent être pris en charge par le Comité de Suivi mis en place à la suite de l’audit indépendant mené conjointement par le Ministère des Mines et de la géologie et celui en charge de l’Environnement. A cet effet, l’Etat poursuivra le travail avec tous les acteurs afin d’améliorer continuellement la situation. », réagit de son côté le ministre en charge des Mines et de la Gélologie.

Pour le gouvernement guinéen, il est important de noter qu’en plus des efforts de diagnostic tels que visés par l’audit des Plans de Gestion Environnementale et sociale, des décisions stratégiques à un niveau plus significatif dans le développement durable, sont également prises par le gouvernement. Il s’agit notamment de la création du Fonds National de Développement Local dont le budget annuel va représenter 15% des taxes minières à destination des collectivités, d’un fonds de développement économique local-FODEL pour les localités riveraines des mines (0,5% ou 1% du chiffre d’affaires des sociétés).

Dans cette perspective, ajoute le ministre des Mines, un programme de gouvernance locale doté d’une enveloppe de 40 millions d’euros sur 5 ans est également mis sur pied avec les Partenaires Techniques et Financiers en 2018 pour accompagner les populations. Toutes les communes ont bénéficié de formations et de sensibilisations et élaborent leurs programmes annuels d’investissement et leurs plans de développement local. De nombreuses ONG locales ou nationales sont impliquées dans les actions concertées avec les populations dans le sens de leur bien-être et la défense de leurs intérêts.

En attendant ces actions annoncées,  des voix se lèvent pour dénoncer le rapport de Human Rights Watch, même si pour l’instant on se limite au stade de dénonciation.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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