Faux documents administratifs guinéens en France: les vérités de l’ambassadeur aux compatriotes d’ Angers

Une Mercedes Blanche. Des drapeaux guinéens accrochés aux rétroviseurs. Un garde du corps. La personnalité qui arrive ce dimanche après-midi est presque reçue avec les égards dus à un chef d’ Etat.

Des tapis sont déployés. On se chausse pour les fouler.  » Liberté », hymne national de Guinée, retentit.

La salle est décorée aux couleurs de la Guinée Conakry, et on installe Excellence sous la devise nationale:  » Travail, Justice, Solidarité ». Autour du drapeau  » Rouge-Jaune-Vert », on a posé deux drapeaux français parce que les Guinéens rassemblés ici vivent en France.

Deux associations organisent la réception. Camben (  » Solidarité » en guinéen ), impliqué dans l’entraide depuis 2001 qui compte plus de 200 membres et l’ Association pour la Solidarité des Guinéens et Amis d’ Angers ( ASG2A), créée en 2011, qui unit une vingtaine de familles.

On estime à 300 familles le nombre de Guinéens installés à Angers.  » Peut-être plus », disent certains.

 » Plutôt que d’aller travailler à MC DO, revenez travailler au pays »

Beaucoup étaient sur leur trente et un pour la visite de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de République de Guinée en France, Amara Camara.  » Nous souhaitons une chaleureuse et cordiale bienvenue à vous et à votre suite en terre angevine », déclare Mohamed Touré pour l’ ASG2A.
« C’est la première fois que la communauté guinéenne d’ Angers reçoit un représentant officiel de notre pays ».

Les quelque 200 Angevins réunis, dimanche, n’ont pas ménagé leur hôte sur la question des titres d’identité. D’abord, avec l’appui de Martine Passeau, présidente de l’ Association Soleil 49, que l’animateur a présentée comme  » la dame à solutions ». Elle vient en aide, depuis 20 ans aux Guinéens d’ Angers, pour leurs demandes d’asile et de régularisation.

 » Dans 50 à 60 % des cas, la préfecture nous dit que les documents administratifs guinéens sont des faux. Donc, nous allons à l’ambassade pour demander une carte consulaire plutôt que d’avoir une carte d’identité guinéenne dont l’origine est parfois douteuse », signale-t-elle.

 » Nos compatriotes doivent se soumettre aux lois du pays qui les accueille et nous devons travailler à ce que notre pays ait une image crédible et moderne », répète le diplomate, rappelant que l’indépendance de la Guinée ne date que de 1958.

 » Nous ne délivrons plus de carte consulaire que sur la base d’un extrait de naissance », dit-il, dénonçant les faux documents achetés dans le quartier africain de Château Rouge à Paris.

 » Il faut qu’on soit dans la régularité et le respect des lois. Si je n’ai pas la certitude que la personne a des documents réguliers, je ne délivre pas de carte consulaire ».

Certains regrettent de devoir patienter plusieurs jours pour des formalités à Paris. Applaudissements quand Amara Camara promet que  » tout Guinéen venant de province, ayant déposé une demande de documents avant midi, se verra délivrer son titre avant 15 heures ».

L’ambassadeur évoque également la fuite des cerveaux, dissuadant ceux qui partent à l’aventure sans arme pour venir en France, encouragent à ceux qui ont réussi à se former à revenir.  » Plutôt que d’aller travailler au MCDo, revenez travailler au pays. Nous avons besoin de cadres formés. Nous avons besoin de vous ».

D’autres questions ont porté sur Ebola et sur le danger potentiel à se rendre en Guinée.  » Je ne cesse de remercier la France pour ce qu’elle fait pour nous dans la lutte contre Ebola », insiste l’ ambassadeur.
 » ( … ) Nous avons la conviction que nous allons nous en sortir bientôt ».

Source « Courrier de l’ Ouest »

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