Fermeture des frontières avec Dakar : le grand perdant ?

Bouclée depuis de longs mois, sur décision d’Alpha Condé, la frontière guinéo-sénégalaise, longue de 330 km, continue d’impacter les prix de nombreux articles et de denrées de première nécessité. Si avec la Sierra Leone, la réouverture est effective le 18 février, avec Dakar, c’est le statu quo. L’orgueil de Conakry, la paranoïa d’Alpha Condé en plus de sa jalousie obsédante à l’endroit de MackySall ne semble rien faciliter dans le rétablissement des relations commerciales.

Les grands perdants restent donc ces nombreux Guinéens de la Moyenne Guinée, plus proches de Dakar que Conakry. C’est aussi ces nombreux Guinéens qui cherchent à écouler des articles dont la consommation est peu prisée sur le territoire national. C’est encore tous ces chauffeurs, apprentis, douaniers, démarcheurs, locataires de camions, etc. qui restent impactés. La décision d’Alpha Condé appauvrit plus de Guinéens que de Sénégalais.

Selon la presse panafricaine, la prolongation sine die de cette mesure très pénalisante pour le commerce entre les deux voisins est présentée dans l’entourage d’Alpha Condé comme relevant de la « sécurité nationale ». En cause, selon Conakry : la présence au Sénégal – où résident un à deux millions de Guinéens – d’activistes du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), que les autorités considèrent comme un « mouvement insurrectionnel », et en particulier de deux de ses dirigeants faisant l’objet de mandats d’arrêt émis par la justice guinéenne depuis les troubles qui ont précédé l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 : Ibrahima Diallo (chargé des opérations) et SekouKoundouno (responsable des stratégies).

Selon un document des renseignements généraux guinéens,cité par JA, les militants du FNDC « se livrent à des déclarations et des actions dangereuses» depuis le territoire sénégalais et des tentatives d’introduction d’« armes de guerre » auraient été déjouées aux postes frontaliers. Que des subterfuges ! On le sait, entre Alpha et Macky, les relations n’ont jamais été cordiales. D’ailleurs, le chef de l’État sénégalais s’est ainsi abstenu de féliciter son voisin après son 3è mandat et il a brillé par son absence à la cérémonie d’investiture d’Alpha Condé le 15 décembre, se contentant d’y dépêcher sa ministre des Affaires étrangères, alors qu’il était présent la veille à celle d’Alassane Ouattara. Voilà le fond de la discorde. Macky n’est pas Julius Maada Bio. Aujourd’hui Conakry coupe aussi le pont avec Umaro Sissoco Embaló, par ailleurs proche de Macky Sall. Allez-y donc savoir…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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