Fermeture des radios privées en Guinée: les avis restent partagés…

Alors qu’une vague de fermetures des radios privées est en cours  en Guinée, pour dit-on, ‘’non paiement des redevances à l’Etat, les avis restent partagés sur le sujet.

Si les uns condamnent la décision, d’autres par contre estime qu’il que les radios privées parvient à s’acquitter des leur obligations fiscales :

C’est le cas de Mohamed Fofana, un des communicants du RPG-Ar-en-ciel, « Il faut rappeler que la procédure est légale. C’est une procédure normale parce que ces radios privées sont aussi un moyen de commerce. Les propriétaires les ont mis sur pied pour aussi avoir de l’argent. Et quand tu es dans un pays normal, il y’a des taxes et impôts auxquels tu dois t’acquitter. Et si tu ne le fais pas, je crois que l’Etat est dans son plein droit de te rappeler et de te forcer à le payer. Avant que les un et les autres ne parlent de la méthode, il faut d’abord rappeler que la procédure est normale et légale ».

S’exprimant sur le sujet, depuis Paris où il séjourne, Lansana Kouyaté, leader du PEDN, s’interroge sur les réelles motivations des autorités guinéennes :

« J’ai entendu que les radios n’ont pas payé leurs redevances depuis 2009. Je sais qu’il y avait eu des coups de semonce mais, pourquoi on laisse tout cela s’accumuler pour arriver à un point où la suspension de ces radios est décidée ? Qu’est-ce que ça cache ? Ça ne cache qu’une seule chose, c’est pour intimider les radios privées à l’effet d’annoncer un jour ou de prendre la direction d’un troisième mandat, ce qui trouvera que les radios sont hors circuit.

Deuxièmement, parfois en matière de tactique politique, ceux qui en sont experts, disent qu’on vise bat pour tirer haut. Vous comprenez ce que je dis, tous ceux qui doivent se sentir concernés par ce paiement de redevances ou pas, parce qu’il s’agit de la liberté presse ; si on voulait que Sabari fm, Djigui fm, Evasion fm et Gangan fm soient à jour, on aurait pas laissé les redevances accumulées depuis 2009.

Je crois que c’est le pourrissement des relations entre le chef de l’Etat et les radios. C’est ce pourrissement qui est en train encore de se jouer. Toutes radios, tous les journalistes doivent être solidaires parce que ce n’est pas par des habitudes de ce genre, qu’on va garantir la liberté de la presse, ni à amener les citoyens à respecter leurs devoirs vis-à-vis de l’Etat. Alors vous comprendrez que mon sentiment est regrettable par rapport à ce que se passe. »

De son côté, Saikou Yaya Barry, député de l’UFR, lui pense que : « museler la presse n’est pas une bonne chose,  parce que, estime-t-il, « ça ternit l’image du pays. Ça, il faut qu’on le retienne une fois pour toute. Si vous avez des solutions à donner, les affirmations de ce journaliste, ce sont eux qui l’ont amplifié sinon c’était sorti à la radio, ce n’est même pas beaucoup de personnes qui ont écouté. Mais finalement, ils en ont fait un problème national voire international. ».

Aly BANGOURA, étudiant en communication estime que cette décision est désolant.  « C’est une désolation pour notre pays et pour la liberté d’expression. Mais moi je déplore que la HAC attende jusqu’à ce que le Président de la République parle, pour dire maintenant qu’ils sont en train de fermer les radios privées pour non-paiement des redevances. Je pense que si les radios doivent à l’Etat, il ne faut attendre que le Président de la République menace de fermer les radios privées et qu’ils commencent à agir. Mais il rappeler que nous devons apprendre à respecter la loi », rappelle-t-il au micro d’Africaguinee.com.

Abdoul Wahab Barry, Kababachir.com

 

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