Fermeture unilatérale des frontières : Et si Embalo avait raison?

Paria, voyou, immature, délinquant, bandit, chef de gangs, etc. on aura tout entendu sur le président Bissau guinéen, après s’être en pris à Alpha Condé au cours de du sommet de la CEDEAO, à Accra.

Revendiquant un panafricanisme outrancier, revendiquant un combat démocratique de plus de 40 ans, revendiquant un  souverainisme béat, invitant par ailleurs à ses pairs africains de couper le cordon ombilical et de régler les problèmes africains en Afrique et par l’Afrique, Alpha Condé, car c’est de lui qu’il s’agit, ferme unilatéralement les frontières avec ses voisins. Sans consultations préalables, sans alertes et en pleine période de paix : aucune menace sécuritaire.

Sinon le Mali est mieux placé pour voir ses frontières avec la Guinée fermées (Alpha Condé qui a vite récusé la junte en voulant ramener son ami IBK dont le rêve est d’ailleurs de quitter le plancher s’est attiré les foudre des militaires, c’est pourquoi, il s’est vite racheté en recevant le patron de la junte à Conakry et lever le linge sale, au lieu d’ouvrir des fronts partout avec ses voisins). Conakry évoque fallacieusement des menaces sécuritaires. Et va jusqu’à s’en prendre à des Etats, les prenant comme bases arrière d’opposants voulant déstabiliser la Guinée. Si la Sierra Leone a vite rallié Conakry pour normaliser ses relations avec Conakry, Dakar est restée ferme, avant de lâcher du lest, car, après tout, les premières conséquences sont supportées par les populations. 

Aujourd’hui, Conakry est tenaillée par un manque d’argent criard. Les fonds publics ont été dilapidés pour le double scrutin et pour la présidentielle contestée, au nom d’une prétendue souveraineté. Les caisses de l’Etat sont vides. Il est question donc pour Alpha Condé de se chercher. D’où l’ouverture très prochaine des frontières guinéo-sénégalaises. De l’autre côté, Embaloa bien raison. Pour atteindre toute la clique de la CEDEAO, cette institution qui a besoin de refonte, il crache d’abord sur Alpha Condé et à travers lui, toute la CEDEAO qui est restée amorphe. C’est pourquoi, son parler-cash agace. Or, il alerte les uns et les autres avec des mots propres à un militaire.  Il secoue les papys ouest africains et les ramène à l’ordre.

Sans cesse échaudée par les sorties rigides, Conakry réplique : « Nous ne sommes pas responsables de la politique d’autres pays ou des décisions et choix de leurs Chefs d’Etat.  La Guinée a fermé ses frontières avec certains Etats, à cause de menaces et de risques liés à la sécurité nationale.  Tant que  les conditions de la confiance ne seront pas rétablies, qu’il n’y aura pas de garantie par rapport à l’intégrité de notre pays et la sécurité de nos concitoyens,  en toute responsabilité,  nous en tirerons toutes les conséquences et aussi longtemps qu’il faudra.. », a précisé le ministre d’État Tibou Kamara, porte-parole du gouvernement guinéen.

Pourtant, dans une autre sortie, le Bissau guinéen déclarait sur RFI : «Nous, nous ne fermerons jamais nos frontières avec la Guinée Conakry. Nous ignorons le motif d’une telle décision. De notre côté, sachez qu’il y a aucune menace contre son pays. Nous ne sommes pas des pays voyous ou des État qui hébergent des bandits pour déstabiliser un autre États. Nous déplorons une telle décision de sa part. Le différend entre Alpha Condé et moi est un problème mineur si on le compare avec les intérêts supérieurs de nos deux États. Le président Alpha peut avoir ses raisons que moi j’ignore. Ce que je puis vous assurer est que nos deux pays continueront d’être de bons voisins et bons amis. »

Embalo tance la CEDEAO : «Sur la fermeture des frontières, ma position a été claire. Les statuts de la CEDEAO interdisent qu’un pays ferme unilatéralement ses frontières. Mon frère président de la Guinée-Conakry a fermé ses frontières avec la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Sierra-Leone. Ce sont des pays en guerre qui signent des accords de cessez-le-feu. C’est dans un pays où il y a une pandémie, une épidémie comme Ebola, qui doit fermer ses frontières. Je n’ai pas compris la signature de l’accord de coopération militaire entre la Guinée et le Sénégal. Moi, je n’enverrai jamais des ministres pour signer ce type d’accord », a dit Sissoko Embalo, dont l’intervention a été interrompue par son homologue ghanéen, qui est le président en exercice de la CEDEAO.

Voilà qui est clair. De toutes les façons, Bissau qui tisse de bons rapports avec Dakar, pourrait bien se procurer en denrées ou autres, à Dakar, le reste, le long des frontières guinéo-bissau-guinéennes seront le terreau des trafiquants et les transactions se passeront avec ou sans accord des deux dirigeants. Comme c’est le cas actuellement avec le Sénégal. 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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