Financement extérieur des élections : niet, bonjour la fraude !

On ne sait vraiment pas les réels motifs qui animent la Ceni et le pouvoir en place pour opposer un niet à tous financements extérieurs des élections communales et la présidentielle à venir. Avec un budget de 500 milliards GNF – soit plus de 300 milliards GNF pour la présidentielle contre 150 milliards GNF pour les locales – la CENI, entend ramer seule. Sans aides extérieure.

Cette option a provoqué le courroux des opposants. Des opposants qui y voient une manière très habile pour la Ceni et le pouvoir de faire un bourrage d’urnes et donc de déclarer victorieux, le président sortant, possible candidat à sa propre succession. De l’avis de Fodé Oussou Fofana, président du groupe parlementaire Libéral- Démocrate, « S’ils déclinent le financement extérieur des élections, c’est qu’ils ont peur d’être contrôlés. Tout le monde a vu le déroulement des législatives. Le pouvoir a perdu les cinq communes de Conakry. En plus, ils n’ont pas eu un score à la soviétique. Donc, forcément, ils vont refuser l’argent des élections. Au moment où on nous dit de serrer la ceinture, le gouvernement dit encore qu’il ne veut pas de l’apport extérieur. Or, il a pris l’argent d’Ebola, il a signé le onzième FED, il demande de l’aide pour construire des infrastructures, et maintenant il bombe le torse, il brandit la souveraineté, il dit non à l’argent des élections, c’est même contradictoire et honteux. La CENI a toujours préféré la fuite en avant. Elle travaille dans l’opacité la plus totale. Elle n’a pas l’intention d’organiser des élections transparentes. Sinon qu’est-ce qui empêcherait Bakary Fofana à rencontrer l’Assemblée nationale. Pourquoi a-t-il une peur bleue de nous rencontrer. Qu’il prenne un décret pour dire qu’il est suffisamment riche et qu’il n’a plus besoin de l’aide extérieure. La vérité est que le gouvernement a peur de la transparence. Avec des élections transparentes, il sait pertinemment qu’on n’ira même pas au deuxième tour. S’il est conséquent, qu’il retourne l’argent d’Ebola et l’argent du onzième FED au nom de la souveraineté ».

La fraude peut donc commencer. Et bonjour les dérapages.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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