Francophonie: Michaëlle Jean devient le nouveau secrétaire général

Le suspense aura duré mais la cinquantaine d’États membres est arrivée à un consensus.

La francophonie se sera ralliée derrière une femme, plutôt qu’un candidat africain. Michaëlle Jean sera la nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, désignée après moult tergiversations et discussions d’une cinquantaine de chefs des États membres. C’est la première fois qu’une femme et qu’une personne non-africaine prend la tête de l’organisation.

Cette fois, la désignation d’un nouveau secrétaire générale n’aura pas été aussi simple que par les années précédentes. Même si elle a mené une solide campagne qui a été très soutenue par les délégations québécoise et canadienne, l’ex-gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, des rumeurs et les déclarations de certains hauts placés africains semblaient laisser entendre que le successeur d’Abdou Diouf devait absolument être africain.

Long suspense

Le suspense aura duré jusqu’à la fin et les rumeurs n’ont cessé de circuler, prenant de la vigueur pendant le huis clos de dimanche matin. L’ambiance aura été faite d’attente et de fébrilité tout au long de ce sommet qui, faute de fumée blanche, aurait pu être comparé en tout point à un conclave.

Samedi soir, avant le souper des chefs d’État, le candidat originaire de Maurice, Jean Claude de l’Estrac, avait déclaré qu’il lui apparaissait difficile que le candidat élu ne soit pas africain. Toutefois, il avait concédé que les dirigeants africains de l’OIF, qui sont majoritaires avec 30 sur 57 États membres, semblaient divisés et qu’il fallait arriver à un consensus et non un vote « qui donnerait une perception de division au sein de la famille francophone ».

L’OIF compte 57 États membres dont 30 pays africains. Deux États ont été suspendus du sommet.

Remerciement

L’OIF a annoncé cette nomination sur son compte Twitter, précisant que Mme Jean prendra ses fonctions en janvier 2015.

«Je remercie les chefs d’État et de gouvernement de la confiance qu’ils me témoignent en me désignant secrétaire générale de la Francophonie», a déclaré Mme Jean dans un communiqué transmis à l’AFP par son équipe de campagne.

Elle a rendu hommage à son prédécesseur, l’ex-président sénégalais Abdou Diouf, qui quittera ses fonctions fin décembre, après avoir dirigé l’OIF pendant 12 ans.

«Je mesure la tâche qui m’attend et je veillerai à prendre grand soin de l’héritage que nous lègue le président Diouf», a ajouté Michaëlle Jean.

«J’entends répondre aux besoins et aux attentes des États et gouvernements membres de l’OIF tout en donnant une nouvelle impulsion à la Francophonie», a-t-elle déclaré, plaidant pour une «Francophonie moderne et tournée vers l’avenir».

Quatre autres candidats étaient en lice, tous Africains, pour ce mandat de quatre ans créé en 1997, qui a successivement été occupé par l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali et Abdou Diouf.

Concouraient l’ex-président burundais Pierre Buyoya (65 ans), l’écrivain et diplomate congolais Henri Lopes (77 ans), l’ex-Premier ministre mauricien Jean-Claude de l’Estrac (66 ans) et l’ancien ministre équato-guinéen Agustin Nze Nfumu (65 ans).

L’hypothèse d’un vote, qui aurait constitué une première dans l’histoire de l’OIF, avait plané dimanche matin en l’absence de consensus avant le début du huis clos des dirigeants.

Avec l’Agence France-Presse

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