Gassama Diaby entre dans l’Histoire !

Il aura voulu être ni acteur des dérives autocratiques surtout en cette fin de règne chaotique, ni être témoin tacite d’un régime qui dresse son armée, sa police et sa gendarmerie contre une opposition brimée, blâmée, usée et abusée. Et comme « un ministre ça la ferme ou ça démissionne », Gassama Diaby a fini par opter pour le second choix : démissionner.

Gassama Diaby a été vu au cœur des manifestations politiques faites de clivages ethniques et de violences. Gassama Diaby a sué pour aller à la rencontre des secteurs chauds : Bambeto, Casse de Madina, etc., pour prêcher la paix, la fraternité. Gassama Diaby est allé à la rencontre des états-majors des formations politiques telles que l’UFDG et le RPG pour appeler au calme, enseigner le civisme et la citoyenneté. Il a été excommunié de sa famille gouvernementale, mais il a tenu des mois durant. Gassama Diaby a été saboté dans son élan d’instaurer la citoyenneté à travers son évènement annuel. Tous ces efforts auront été vains. Plus de cent morts ! Gassama a versé des larmes, dépité.

C’est pourquoi, sa démission en catastrophe est un désaveu pour Alpha Condé, avec son goût très prononcé pour la répression, la violation des libertés fondamentales, les assassinats ciblés, l’exacerbation des tensions sociales. Et plus récemment, des expéditions punitives dans Wanindara où pillages, humiliations, insultes abus de toutes sortes ont été enregistrés sans que le gouvernement se bouge réellement en toute responsabilité. Aujourd’hui, le démissionnaire ministre estime : « Aucun effort n’est de trop, aucune patience n’est inutile, aucun entêtement n’est insensé, aucune espérance n’est naïve quand on est animé par l’envie profonde de servir son pays, d’être utile à son peuple et aux valeurs démocratiques et humanistes. Mais, lorsqu’on a définitivement acquis la certitude que le combat que l’on mène avec le cœur, l’honnêteté et l’engagement éthique, n’est plus manifestement, clairement, une préoccupation et une priorité majeure ni pour le gouvernement auquel on appartient, ni pour les acteurs politiques nationaux, ni dans le jeu politique et institutionnel, on se retire. J’en ai aujourd’hui l’honnête conviction. »

Au regard de ces affres du régime de Wannindara et bien ailleurs, en région forestière, Gassama Diaby ne trouve pas mieux que de jeter l’éponge. Après tout, « Le chemin de notre fierté nationale et de notre stabilité sociopolitique passera inéluctablement par l’instauration d’un réel et véritable état de droit et de justice, par la promotion d’une réelle culture de civisme, par la lutte contre la pauvreté et la misère qui étrangle notre peuple, et par la préservation de l’intégrité, de la dignité et de l’honneur de chaque guinéen et de chaque guinéenne. A toutes les victimes de violences et de violations des droits de l’homme, et de manque de justice ainsi qu’à leurs familles respectives, j’exprime ici toute ma compassion et toute ma solidarité. »Gassama est entré dans l’Histoire ! Advienne que pourra.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.