Gestion du budget du Parlement : l’opacité alimente encore le débat !

Le chantre de la transparence dans la gestion des fonds publics est devenu un lieu de business sans précédent. Les élus du peuple, du moins la poignée d’élus constitués en combines issues du RPG notamment usent et abusent de l’argent du contribuable. L’opacité dans la gestion du budget du parlement alimente encore et encore le débat, au sein même du Parlement.

L’affaire est revenue à la surface récemment avec le courrier du ministre des Finances, suite à la fourniture partielle des voitures de fonction des députés. « Vous savez c’est l’honorable Damaro Camara, le questeur et le président de l’assemblée qui ont géré le contrat », réagi un député de l’opposition. Avant d’ajouter : « Il n’y a aucun contrôle que les députés exercent actuellement sur la gestion du budget de l’assemblée nationale. Donc, c’est vraiment aberrant. Moi je pensais que, compte tenu des difficultés que le pays a eues pour mobiliser des ressources, c’est peut être du côté de l’Etat que Tane Corporation ne recevrait pas les fonds. Maintenant, si le ministre des finances dit que tous les fonds ont été décaissés, il faudrait qu’on sache qu’est-ce qu’ils ont fait de cet argent-là », dira un autre sur Guinée news.

Aliou Condé de l’UFDG est formel: « Si près de 120 milliards GNF sont sortis et nous n’avons jamais vu un appel d’offre dans un journal, il est de notre droit de le savoir ce qui s’est passé avec le budget. C’est une incurie à corriger. » Faux, réplique-t-on de l’autre côté, arguant qu’on ne peut pas contrôler un budget qui est encore exécution. « J’ai vu le règlement intérieur comme vous et je n’ai vu nulle part que le budget de l’Assemblée nationale doit être adopté à huis-clos ou en plénière », soutient le président Kondiano. L’opacité de la gestion des fonds du Parlement concerne tout aussi les salaires, primes et indemnités.

Avec cette cohue, la commission comptabilité et contrôle ne fait rien. « Quand il y a des soupçons de corruption, ni la plénière, ne le bureau ne peuvent sanctionner la questure. C’est la commission contrôle qui dresse un rapport à l’attention du bureau et de la cour des comptes… » Il reste qu’il n’y aura pas de suite parce que la sanction ne frappera point le député incriminé, parce jouissant d’une immunité. Ce parlement-là est tout simplement une foire d’empoigne.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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