Gestion clanique de l’Etat: Mohamed Alpha Condé à l’abri, à Dubaï ?

«Mon fils n’est pas homme d’affaire, ni un entrepreneur en quoi que ce soit. Il a fait des études aux USA, il a travaillé au Brésil, puis à Londres et il est revenu pour m’aider ici après le décès de mon frère Malick. Je parle mal l’anglais et lui est anglophone, aussi lui-ai demandé de me servir de traducteur et de suivre pour moi les dossiers. Pour le reste, je n’ai aucun homme d’affaire dans ma famille. »

Alpha Condé, dans l’ivresse du pouvoir, aura beau justifier dans la presse étrangère et ailleurs, l’implication de son fils Mohamed Alpha Condé dans la gestion des affaires publiques mais il ne saura convaincre les plus sceptiques et ceux qui ont les yeux partout pour voir, analyser et constater.

Le fils du président guinéen – Mohamed Alpha Condé – s’est, selon des sources bien informées, éloigné aujourd’hui petit à petit du cercle restreint de la galaxie présidentielle pour s’établir, loin, très loin, aux Emirats arabes unis, notamment à Dubaï. La raison est toute simple : le quinquennat macabre, cauchemardesque pour reprendre les propos d’un opposant, tend vers la fin. La moisson aura été des plus fructueuses, tant dans les infrastructures que dans les mines. Quoi de plus normal si le papa a hérité d’un pays et non d’un Etat. Il reste que c’est sur ses ruines fumantes que l’opposant historique a enrichi et enrichit encore … très frauduleusement les siens. Il est donc temps de se mettre à l’abri pour sécuriser le patrimoine familial.

C’est ainsi que ce fils d’Alpha Condé, impliqué dans de nombreuses négociations louches a disparu des écrans radars à Conakry. On parle très peu de lui, jusqu’aux ‘’Excuses du Sunday times’’, canard qui a récemment publié d’autres révélations sur le fameux fils du président. Il était question de la sulfureuse et opaque affaire de Palladino et ses 25 millions UDS contracté par le gouvernement guinéen, il y a environ trois ans. Avec ces excuses, Alpha Condé est plutôt éclaboussé davantage, au lieu d’être blanchi.

En effet, un accord secret avec l’homme d’affaires sud-africain Walter Hennig, le titulaire de Palladino Capital 2, le partenaire junior de Sexwalle avait été signé. Selon l’accord secret, Hennig et T. Sexwalle ont eu l’occasion de céder des actifs de 30% générés par la société minière moyennant un paiement de 25 millions de dollars. « Les calculs ont été effectués en utilisant une série de virements bancaires sur le compte de W. Hennig à la Banque Royale du Canada (BIC SWIFT ROYCCAT2 874 3827) au profit, semble t-il, du fils du président Alpha Mohamed Condé, Swiss Private Bank, Monaco (IBAN- MC11 356 0483 5012 7800h). »

Plus récemment, on parle de quelque 250 millions USD qui serait tombés dans les comptes du fiston du président, un magot provenant de Nimba Mining. Des magots et d’autres qui permettent à Mohamed d’être côté en bourse, donc de fructifier les ressources publiques à son compte et à ses proches.

Le fils du président est donc, selon toute vraisemblance, un handicap pour bien des ministres, surtout celui des Mines, même si Kerfala Yansané ne veut pas du tout le reconnaitre. Le chef du département des Mines, balaie par un revers de main cette perception, parlant au passage de ‘’sensationnel et de rumeur’’. Et d’ajouter : « Il faut vraiment que le Guinéen essaie de bien cerner les choses et ne pas tomber dans le sensationnel ou dans la rumeur. On est à votre disposition. Si vous avez besoin d’informations sur les faits réels sur lesquels nous travaillons, nous les mettrons à votre disposition », dira en substance Kerfalla Yansané, dans une interview qu’il a accordée récemment à des confrères guinéens. Comme quoi, le ministre « n’a pas le sentiment qu’il y a une marge de manœuvre étroite » qu’on lui impose. » Kerfalla Yansané précise et persiste : « Je n’ai aucune difficulté. »

Dalein charge Mohamed Alpha Condé !

Récemment dans une des capitales occidentales, le président de l’UFDG a bien chargé le fiston du président. Dalein Diallo a déclaré à des compatriotes que « Dès son arrivée au pouvoir, Alpha Condé avait accordé un marché de gré à gré de 189 millions de dollars à une société proche de son fils Mohamed Condé ». Avant d’ajouter : « Initialement, le coût estimé était de 140 millions de dollars mais, des ajustements avaient été faits pour gonfler la facture à 189 millions de dollars. Toutefois, malgré ces énormes investissements, les Guinéens demeurent toujours, sans courant électrique ni eau potable dans leurs robinets. Ce qui laisserait penser que cet argent avait pris une destination inconnue ». Le leader de l’UFDG s’est toujours dressé contre une supposée surfacturation orchestrée avec les Chinois – 55 millions USD – dans la réalisation de Kaléta. Alors qu’avec l’OMVS quelque 250 millions USD auraient suffi pour exécuter les travaux.

Dans une interview qu’il vient d’accorder à la presse étrangère, Dalein remet çà : « Nous dénonçons la façon dont le pouvoir est géré. Le prix des routes a atteint des niveaux inconnus en Guinée, avec des contrats de gré à gré négociés par le fils du président Alpha Condé, qui a fondé OAS BTP, une entreprise de bâtiments et travaux publics. Les appels d’offres sont truqués et nous avons un kilomètre d’autoroute facturé 6 millions d’euros aujourd’hui, au lieu de 1 million de dollars pour le même type d’autoroute construite en 2002-03 ! La surfacturation atteint au moins 100 millions de dollars pour le barrage hydraulique de Kaleta, en construction sur un marché de gré à gré, passé sans appel d’offres, pour un montant de 550 millions de dollars financé par un prêt chinois. »

Les Madoff (nom attribué à Dalein Diallo par certains militants du RPG, NDLR), on les rencontre donc partout ? En tout cas, Alpha Condé, ses copains, coquins et proches font ce qu’ils veulent en Guinée : du port, à l’aéroport, en passant par les mines qui impliquent aujourd’hui des militants du RPG. Cette gestion clanique dépasse tout entendement. Que d’enrichissement illicite ! Après ce quinquennat-là, le pays ne sera pas à terre mais sous terre, enfouie à jamais sous les oripeaux abandonnés par Alpha Condé.

Mohamed Alpha Condé aura donc voulu, sécuriser la moisson, loin des regards indiscrets. C’est maintenant ou jamais se dit-il. Car, ce 2015-là risque d’être chaud, bien chaud. Palpitant. Du moins, à la lecture du contexte sociopolitique actuel. Dubaï est plus tranquille, avec certainement quelques voyages sporadiques et très discrets sur Conakry et ailleurs. Dans nos prochaines éditions, l’autre virtuose (Docteur Mohamed Diané) de l’enrichissement illicite aura sa part belle.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

  1. barry issiagha dit

    Tres bien commente, c est ca le role de la presse

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