Grand imam de Conakry : la neutralité à rude épreuve ?

La neutralité du Grand imam de Conakry est mise à rude épreuve. Pris dans un engrenage tel qu’il ne semble plus tenir sur la corde raide de l’impartialité, Elhadj Mamadou Saliou Camara se perd en conjectures.

Insinuant l’entêtement de Dalein à vouloir les résultats des urnes, le chef religieux déclare : « Quand le chef exhorte son concitoyen à faire une chose pour le développement du pays, même si tu ne l’aimes pas, quand c’est dans l’intérêt du peuple tu dois le faire. La troisième disposition est celle de respecter la parole et la décision du chef. Quand il dit ça suffit, qu’on s’arrête. Ceux qui font le contraire, c’est l’enfer. » Puis d’interpeller directement le chef de file de l’opposition, sans le nommer : « Quand tu cherches le pouvoir et tu ne veux pas qu’après l’on te désavoue et que l’on ne t’accorde aucun respect, commence par respecter celui qui est au commande. Ce n’est ni ton ethnie qui fait de toi une personne valeureuse ni ta langue mais plutôt ton utilité sociale. Ce que tu as apporté au peuple, c’est cela ta valeur. »

Se rappelant vite qu’il est en train de jeter de l’huile sur le feu, l’imam se tourne vers Alpha Condé : « Le chef doit être au-dessus de la mêlée et de toutes les ethnies. Le chef ne doit pas tout simplement se tourner vers son appartenance ethnique mais qu’il défende tout le monde face aux imposteurs. Sa préoccupation doit être la satisfaction des besoins de son peuple, il doit se tourner vers le développement pour empêcher la faim, la pauvreté, bouter hors de sa nations les épidémies et pandémies hors de son pays. Prévenir les enfants du pays à sortir et mourir dans des barques de fortune vers un eldorado incertain. » Après tout, conclue le religieux sur africa Guinée, « Cette nation appartient à tous ceux qui se réclament d’être Guinéens. Nous devons partager joie et souffrance ensemble. »

A Alpha Condé donc d’accepter la joie de ses adversaires qui l’ont battu, même dans certaines circonscriptions de son fief ou supposé comme tel. Dieu aime ça aussi, non ?

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.