Grève du SLECG: Aboubacar Soumah et Oumar Tounkara, pas sur la même longue d’onde

Pendant que plusieurs enseignants grévistes ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison, le tronçon brûle entre Aboubacar Soumah Secrétaire général du SLECG et Oumar Tounkara, un de ses proches.

Jusque-là les deux hommes partageaient des valeurs qui ont permis à la réussite du mouvement de protestation des enseignants qui exigent toujours l’augmentation du salaire à 8 millions de francs guinéens.

Alors que les autorités restent droit dans leurs bottes, après le gèle des salaires des enseignants grévistes, Aboubacar Soumah, le Secrétaire général du SLECG, et Oumar Tounkara, membre du bureau exécutif de la structure syndicale, ne voient plus dans la même direction.

Si le premier compte accentuer la pression sur le gouvernement, à travers l’organisation d’un nouveau sit-in, le second y voit autrement.

Pour Oumar Tounkara, il va falloir mesurer le rapport de force, parce que, ajoute-il, ça ne sert à rien d’organiser un autre sit-in alors que des enseignants sont déjà en prison :

« Nous devons éviter les gros vents, certains sont en prison, ils se battent pour leur liberté. Mon combat n’est pas pour vous décourager mais, dans un combat il faut mesurer le rapport de force, il faut le mesurer à juste valeur. Hier, difficilement ils ont accepté que ceux qui sont en prison mangent. On a des gens en prison, moi je crois que notre combat doit être comment les libérer, nous devons nous mobiliser massivement pour aller à la justice et demander leur libération. Aujourd’hui, tout combat que nous devons mener, c’est demander la libération de ces gens au lieu d’augmenter les prisonniers. Ma proposition, c’est d’aller au tribunal le lundi pour demander la libération de nos camarades au lieu d’organiser un sit in »

Après cette déclaration, la réaction d’Aboubacar Soumah ne s’est pas fait attendre. Pour le Secrétaire général du SLECG, il n’y a pas de combat sans conséquence, si on a peur d’être arrêtés alors, on arrête le combat.

« Je ne veux pas de contradiction entre nous, ou on est dans le combat ou on est pas [dedans]. Si vous voulez qu’on arrête le combat, on va arrêter tout de suite. Il n’y a pas de combat sans conséquence, si on a peur d’être arrêtés alors, on arrête le combat. On va reculer parce qu’on nous arrête, on va renoncer parce qu’on nous bastonne, j’avais vu cela très longtemps, je veux qu’on se respecte au sein de notre corporation. On a déjà dit sit-in, pourquoi revenir sur ça ? », s’interroge le Secrétaire général du SLECG.

S’achemine-t-on vers un divorce ? Jusqu’où ira ce bras de fer ?

En tout état de cause, cette mésentente risque de fragiliser le SLECG  et renforcer la position du gouvernement, qui refuse tout compromis pour désamorcer la crise.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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