Grève générale illimitée :le gouvernement saura-t-il rebondir ?

C’est la fin d’une idylle entre le gouvernement et le syndicat longtemps trompé, abusé, poussé à la résignation à cause entre autres de l’atteinte du point d’achèvement des PPTE. Acceptez de m’accompagner et d’attacher la ceinture, le temps que nous signions le PPTE, ainsi implorait sans cesse Alpha Condé, au moment même où la CNTG était déchirée par une guéguerre entre Ahmadou Diallo et Yamoussa Touré.

Le syndicat désormais divisé – Yamoussa s’est trouvé une autre structure syndicale, de guerre lasse – s’est plié au jeu du gouvernement ou plutôt d’Alpha Condé, lequel rêvait de voir une seule structure syndicale. L’attente aura été grande. Aujourd’hui, c’en est fini. Les centrales syndicales menacent d’aller à une  »grève générale illimitée » à compter du 21 décembre prochain, c’est-à-dire à la fin de cette semaine. Leurs revendications sont connues du gouvernement: la non-application du contenu de l’accord signé le 12 mai 2014 avec le gouvernement. Il s’agit entre autres de la nouvelle grille salariale et le régime de retraite qui doivent rentrer en vigueur le 1er janvier 2015; l’élaboration des textes organiques relatives à l’organisation et au fonctionnement de la Caisse nationale de prévoyance sociale des agents de l’Etat, l’indifférence de l’Etat face à la situation des travailleurs de l’usine de Fria; la mauvaise gestion de la plateforme d’indemnisation des travailleurs de la Sotelgui.

Comme toujours, il aura fallu menacer pour que le gouvernement programme une rencontre ce mercredi, alors que les ministres de la Fonction publique Sekou Kourouma et au Damantang Albert Camara, du Travail étaient assis tranquillement sur ces revendications syndicales. Comme si de rien n’était. Certainement, ils sauront rebondir, surtout qu’Ebola a fini par couper le souffle de toutes les manifestations publiques. Ce qui est évident, la misère, la précarité et les dures conditions de travail des agents de l’Etat, sont loin de faciliter la lutte contre la corruption et les détournements.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.