GRÉVE GÉNÉRALE : Quand l’irrationnel s’en mêle

De part et d’autre, les différentes parties prenantes de la grève générale qui, ce vendredi, en est à son cinquième, étaient déterminées. D’un côté, les syndicalistes, une fois à l’eau, savaient qu’il leur fallait nager, au risque de se noyer. De l’autre, des partisans du pouvoir redoutant l’image qui résulterait d’une grève prolongée ont usé de tous les moyens à leur disposition pour faire échouer le mouvement. Ainsi donc, dans les deux camps, pour l’emporter, il y en a qui n’ont pas hésité à faire appel au secours de l’irrationnel.
Du côté des syndicalistes, c’est à la faveur de l’Assemblée générale du mercredi que l’information a été mise en évidence. En effet, constatant un début de sabotage et une désolidarisation au sein de la classe ouvrière, Mamadou Mansaré, dans un discours destiné à galvaniser les travailleurs, n’a pas hésité à rappeler que la Fatiha a été lue au début des hostilités. Comme pour dire que tous ceux trahiraient le mouvement pourraient subir la malédiction de la Sourate du Coran.
Dans le camp des contre-grévistes, c’est la très cocasse histoire d’un directeur d’une école professionnelle de Matoto qui a attiré notre attention. En effet, le responsable de l’éducation, manifestement très hostile, n’a pas trouvé mieux que de faire de la bouillie en guise de sacrifice pour conjurer la grève. Menaçant ses employés de licenciement, il leur convie à boire la même bouillie, ces derniers se trouvent quelque peu gênés. Car s’ils sont conscients que le sacrifice, en tant que tel, n’aura aucun effet sur la grève, ils se demandent cependant si la mystérieuse bouillie ne contient une substance qui pourrait nuire à leur santé.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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