GUINEE-BURKINA FASO : Alpha Condé n’était pas sincère avec Blaise Compaoré

Depuis sa chute, Blaise Compaoré aura quelque peu réalisé l’ampleur de la bêtise que représentait son entêtement à garder le pouvoir. Ce travail introspectif, il doit d’autant plus l’avoir fait que progressivement, certains de ses prétendus amis d’hier révèlent aujourd’hui leur duplicité. C’est le cas du président Alpha Condé dont tout le monde disait pourtant que c’est son ami. Eh bien, depuis le départ de Blaise Compaoré, le locataire du palais Sékhoutouréyah ne tarit d’anecdotes mettant en scène l’ex-président burkinabè dans des rôles pas nécessairement catholiques.

Avant le départ de Blaise, Alpha Condé interrogé sur les événements qui, alors bouillonnaient à Ouagadougou avait dans la langue de bois. Il avait dit ne pas vouloir donner des leçons à un peuple souverain. Maintenant que le très redouté Blaise, s’en est allé, le chef de l’Etat guinéen a renoué avec sa liberté d’expression. Ainsi, à l’occasion de sa dernière conférence de presse, le président Alpha Condé avait mis en cause son ex-soi-disant ami, dans la signature de la convention entre l’Etat guinéen et Getma International. Celui-ci aurait mis la pression nécessaire et se serait montré garant de la pérennité de la convention. Contre quoi ? Alpha Condé ne le dit pas.

En tout état de cause, Mamadouba Sankhon vient de reprendre cette version-là à son compte. A l’occasion d’une conférence de presse restreinte qu’il a animée à Conakry à propos de la controverse relative à la cession du trafic Ro-Ro à Bolloré, le DG du port autonome de Conakry a, en effet, indiqué que l’ex-médiateur sous-régional intervenait à chaque fois que le dossier Getma avait des soucis à se faire. Son chef d’Etat-major particulier, le général Diendiéré aurait effectué plusieurs missions en Guinée, dans ce sens. C’est pourquoi, justifie Mamadouba Sankhon : « Le président (Alpha Condé, NDLR) était obligé d’aller vite et droit au but parce que sinon, il suffisait que Compaoré apprenne que le président (Alpha Condé, NDLR) a pris la décision d’annuler pour venir encore barrer la route ». Sans le savoir peut-être, Mamadouba Sankhon révèle ici et à travers la dernière partie de cet extrait que même le président Alpha Condé n’était pas en dehors de l’influence de Blaise Compaoré. C’est pourquoi il aurait hâté les pas.

Il bien entendu possible que ces allégations soient conformes à la réalité. Ce qui est déplorable, c’est le fait qu’elles ne sont pas rendues publiques du temps de Blaise Compaoré. Non seulement ça manque de courage, mais aussi ça amène à se poser la question de savoir si ceux qui rendent aujourd’hui ces secrets enfouis, n’ont pas eux-mêmes agis de même dans d’autres circonstances et suivant d’autres enjeux.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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